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 La nouvelle d\'Adila Katia.

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Mustapha
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MessageSujet: La nouvelle d'Adila Katia.   Mar 2 Oct - 0:53

Cette histoire est basée sur des faits véridiques (ALGERIE) entre 1994 et 2000.

-1-


L'autre visage




Zahra commence à s’impatienter. Sa fille cadette ne veut pas éteindre la lumière. Aziza adore lire et quand elle a fini ses devoirs, c’est avec plaisir qu’elle plonge dans la lecture de sa bande dessinée. Une bande dessinée empruntée à une camarade de classe. Celle-ci l’a prise de la bibliothèque de son frère. Elle doit la lui rendre dès demain.

- Il me reste quelques pages, dit la fillette du haut de ses onze ans, avant de promettre : ne t’en fais pas, j’éteindrai la lumière… Et je ne ferai pas de bruit !

- Il est dix heures du soir et je ne veux pas qu’on voie de la lumière du dehors ! réplique Zahra. Mon petit cœur, tu vas dormir maintenant car la lumière en plus de gêner tes frères peut nous attirer des ennuis. Je te promets de te réveiller, un-quart d’heure avant pour que tu puisses lire !

- C’est vrai ?
Zahra hoche la tête en souriant. Elle prend la bande dessinée et borde sa fille, tire les couvertures sur ses deux garçons. Ils dorment sur des matelas posés à même le sol. La pièce est exiguë. Le débarras a été transformé en chambre.

En fait, depuis quelques mois, ils sont contraints de vivre chez ses beaux-parents. L’insécurité qui règne dans la région a poussé son mari à les amener ici. Elle, sa belle-mère et ses belles-sœurs dorment dans la pièce principale où toute la famille se réunit dans la journée. Son beau-père Abdelkader passe ses nuits dans le couloir où un canapé en bois lui a été installé.

Zahra passe près de lui et lui souhaite une bonne nuit.
Lorsqu’elle ferme la porte du salon, sa belle-mère Drifa lui tend son coussin et sa couverture. Elle lui reproche de ne pas être autoritaire avec ses enfants.

- C’est la dernière fois qu’elle veille aussi tard, lui dit-elle. Avec tout ce qui se passe, on doit se faire discrets ! S’Ils voient de la lumière, ils n’hésiteront pas à venir ici ! Et on n’a rien à leur donner !

- Je sais. C’est la dernière fois, promet-elle. Elle doit dormir maintenant !

- Ce n’est pas trop tôt ! rétorque Hakima, l’aînée de ses belles-sœurs. Un peu plus, on se croirait chez vous !

- Je n’ai pas choisi d’être ici, réplique Zahra. C’est ton frère Mourad qui a décidé qu’on vivrait chez tes parents. Je prie jour et nuit pour que la paix revienne dans la région ! Ainsi, on rentrera chez nous ! Et chacun aura la paix. Sa belle-mère intervient pour les calmer.

- Vous êtes chez vous, dit-elle. Et vous êtes les bienvenus ! N’écoute pas cette peste ! Un jour, elle regrettera ces paroles !

Zahra hausse l’épaule. Les regrets ne peuvent changer la portée des mots blessants sortis de la bouche de sa belle-sœur. Elle n’a pas choisi d’être ici. Ses enfants non plus.
Elle en veut un peu à Mourad d’avoir cédé à la peur. Ils étaient si bien chez eux. En fermant les yeux, elle prie une nouvelle fois pour que le pays retrouve la paix et qu’ils puissent vivre sans la peur au ventre. Cette peur avec laquelle ils vivent depuis de longs mois.

Les assassinats, chaque jour, il y en a. Les disparitions aussi. Si Aziza était plus âgée, elle se ferait un sang d’encre pour elle. Les jeunes filles étaient enlevées.
Mon Dieu, faites que cela ne lui arrive jamais !

- Je reviens, dit-elle en se levant. Je ne peux m’endormir sans m’être assurée qu’ils sont bien couverts !

Elle sort du salon et là, elle tombe sur son beau-père. Il s’est habillé. Sur le canapé, il a posé un grand couteau. Il lui fait signe de retourner au salon mais elle reste figée. Elle a entendu des bruits dehors. Le chien n’aboie plus…


(À suivre)
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Mar 2 Oct - 1:19

la suisse la suisse bounce ,c'est tres passionant !
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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Mar 2 Oct - 1:23

ok la suite demain, un chapitre par jour.

Il y en a presqu'une vingtaine.
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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Mar 2 Oct - 1:25

Ah bah on est déja demain...

RÉSUMÉ : Zahra et ses enfants vivent chez ses beaux-parents depuis que la violence s’est installée dans leur région. Cela n’est pas pour plaire à ses belles-sœurs. Zahra prie pour que la paix revienne, ainsi ils pourront retourner chez eux. Mais cela ne risque pas d’arriver. Il se passe quelque chose dehors. Le chien n’aboie plus. Son beau-père a sorti un couteau…


-2-




Abdelkader pose un doigt sur ses lèvres, lui intimant l’ordre de se taire. Il est pâle et la peur se lit dans ses yeux. Zahra est effrayée et son esprit est traversé par des images horribles. Elle voit déjà leur mort arriver. La mort rôde autour de la maison. Elle la sent.

- Va au salon et ferme à clef ! lui ordonne-t-il en prenant son couteau. Je vais voir ce qui se passe dehors… Ne leur dis rien !

- Fais attention ! lui dit-elle.

Elle voudrait avoir son courage et sortir avec lui. Mais c’est à peine si ses jambes peuvent la porter jusqu’au salon. Sans un regard vers ses belles-sœurs et sa belle-mère, elle va jusqu’à sa couche et tire la couverture sur ses épaules.

- Les enfants dormaient ? l’interroge sa belle-mère.

- Oui…

Zahra claque des dents, elle est morte de peur. Elle voudrait leur dire qu’il se passe quelque chose, dehors mais elle craint de les effrayer pour rien. Et son beau-père risque de se fâcher si elle n’a pas tenu sa langue.

- Mon oncle Abdelkader…

Elle est tentée de les mettre au courant de ses doutes mais toutes quatre se redressent lorsqu’on frappe timidement à la porte. Sa belle-mère manque de s’emporter en constatant que la porte est fermée à clef.

- C’est quoi ces manières ? Pourquoi l’as-tu fermée ?

- Qui est-ce ? demande Hakima en se levant pour ouvrir.

- C’est moi, Aziza, répond la fillette. J’ai peur…

Zahra bondit de son matelas et dès que Hakima ouvre, elle la prend dans ses bras.

- J’ai entendu du bruit, leur dit-elle.

- Retourne dormir avec tes frères, la prie Zahra. Reste là-bas…
Mais la fillette ne peut pas retourner dans leur chambre. La porte d’entrée s’ouvre brusquement et plusieurs hommes et des armes à la main entrent. Aziza reçoit une gifle qui l’envoie par terre. L’un d’eux a un couteau taché de sang.

La première personne à qui il s’en prend est sa grand-mère. Il lui donne plusieurs coups et ne l’abandonne qu’une fois qu’elle s’est écroulée sur le sol. Les yeux rivés vers elle. Aziza se traîne jusqu’à elle et prend sa tête sur les genoux.

- Grand-mère ! Grand-mère !

- Sauve-toi ! murmure celle-ci avant de rendre son dernier souffle.

- Non ! non ! Ne meure pas !

Mais la fillette n’a pas le temps de réaliser qu’elle l’est déjà. Ses tantes et sa mère crient dans le salon. Les terroristes veulent les emmener mais elles se débattent. D’où elle se tient, elle peut les voir. Elle ne connaît encore rien des choses de la vie mais elle sait qu’ils vont les violer. Quand le terroriste s’en prend à sa mère avec son couteau, elle croise son regard. Elle semble lui dire de partir.

Sa mère et ses tantes ne s’en sortiront pas. Elle le sait. À l’école, elle avait entendu parler d’eux, de ce groupe qui terrorise la région depuis des mois. Ils tuent les gens et enlèvent les filles.

- Mes frères…

Elle voudrait aller à la chambre pour les emmener mais elle se rend compte qu’un terroriste la regarde. Lorsqu’il se dirige vers elle, elle se met à courir.
Elle sort de la maison et même si l’obscurité la freine un court instant, elle a conscience d’une chose. Sa survie ne dépend que de la rapidité de ses jambes…




(À suivre)
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Mar 2 Oct - 1:32

c'est super triste tout ça Sad ,mais vivement demain !!!
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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Mer 3 Oct - 1:25

RÉSUMÉ : Zahra ferme la porte du salon comme le lui a ordonné son beau-père. Des terroristes ne tardent pas à entrer et à s’en prendre à elles. Aziza sa fille voit sa grand-mère mourir. Avant, elle lui dit de se sauver. Elle sort en courant, consciente du danger qu’elle court, si elle se fait attraper.



-3-



Aziza court aussi vite qu’elle peut. Elle trébuche sur leur chien, mort lui aussi, et elle tombe sur le cadavre de son grand-père. Elle comprend qu’ils ne laisseront pas de survivants derrière eux. Elle pense à ses frères et espère que les cris ne les réveilleront pas. Et si ce n’est pas le cas, ils auront la présence d’esprit de ne pas se montrer.


Elle pense à se rendre chez les voisins pour leur demander de l’aide. Mais même si la porte de la maison la plus proche est ouverte, elle ne trouve personne. En sortant dans leur cour, l’horreur l’attend. Les propriétaires de la maison sont morts, ils ont été égorgés. Des flaques de sang se sont formées près des corps sans vie. Les six enfants aussi. Aziza se rappelle les avoir vus sur le chemin de l’école.


Le bruit d’une porte poussée brutalement la fait sursauter et en courant, elle glisse sur une flaque de sang et se retrouve par terre. Ses mains et ses vêtements sont tâchés.


En entendant quelqu’un arriver derrière elle, elle reste dans la même position. Elle retient sa respiration. Elle sait que c’est elle qu’il cherche. Elle entend un bruit, comme si on tapait dans un sac. Elle voudrait bien regarder derrière elle mais elle a peur d’attirer l’attention. Le bruit des pas se rapproche. Le corps près d’elle bouge. Elle ne comprend pas tout de suite. Elle est si effrayée qu’elle se mord les lèvres pour ne pas claquer des dents. Au coup de pied qu’elle reçoit dans les côtes, elle devine qu’il vérifie qu’ils sont tous bien morts.


Le fait d’avoir joué la morte lui sauve la vie. Car il ne tarde pas à rejoindre les autres. Ils allaient poursuivre leur sale besogne. Ils ont toute la nuit devant eux…


Aziza attend un moment avant de se relever et de sortir. Elle les voit avec leurs torches. Ils sont en train de parler de leurs prochaines victimes. Les habitations du village sont éloignées les unes des autres. Les autres doivent être en train de regarder la télé ou de dormir. Ils risquent de passer de vie à trépas durant leur sommeil et n’auront pas le temps d’avoir peur ou même de souffrir.


Elle voudrait les prévenir pour leur éviter une mort certaine. La fillette crie de toutes ses forces mais aucun son ne sort de sa bouche.
En les voyant s’éloigner de la maison de ses grands-parents, elle sort de sa cachette et entre. Sa mère, ses tantes baignent dans leur sang. Leurs robes sont déchirées. Aziza prend une couverture et cache leur nudité. Elle pleure sur la poitrine de sa mère. Elle se rappelle ses frères qu’elle a laissés endormis et court vers eux.


La porte est ouverte et ses frères ont connu le même sort que le reste de la famille.


Cette fois, un cri plein de colère et de peine sort de sa poitrine. Un cri que le groupe terroriste entend. L’un d’eux revient sur ses pas. Mais ne supportant pas de voir tous ces cadavres, elle a quitté la maison en courant droit devant elle.


Le terroriste-boucher ne se sert pas de son fusil. Tirer serait dévoiler leur présence au reste du village. Alors il court après elle et tous deux pénètrent dans la forêt. Aziza court, elle l’entend jurer derrière elle. Elle file droit devant. Elle n’a pas peur du noir, des branches qui lui griffent le visage, les bras, ni même ses pieds écorchés par les cailloux. Elle pense seulement à ce terroriste qui risque de l'égorger s’il réussit à la rattraper…






(À suivre)
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RoniN
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Mer 3 Oct - 13:57

je te jure je n'ai jamais vu une histoire aussi horrible et passionante a la fois a cause du style d'ecriture!!!!!!!!!!
vivement demain cheers
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nadia009
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Mer 3 Oct - 19:27

apparement nous sommes 2 à suivre cette histoire de trés prés study
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lamislil



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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Mer 3 Oct - 22:48

franchement c'est une histoire horrible.ça ma fais vraiment peur.cette histoire a deja été publié dans le journal liberté non?!
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Ribosome
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Mer 3 Oct - 23:06

lamislil a écrit:
cette histoire a deja été publié dans le journal liberté non?!

Surement oui, puisque Adila Katia est chargée de la rubrique "La Nouvelle" du quotidien "Liberté".
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RoniN
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 4 Oct - 15:45

je crois que ça m'a touché ,cette histoire,car elle a reveiller en moi des sentiments enfouis depuis mon enfance,une enfance qui a été a jamais marquée par cette periode noire,meme si rien ne m'est arrivé moi et ma famille hamdouleh...vers l'age de 9,11ans ,je faisais toutes les nuits des cauchemars ,du meme genre,le sentiment de crier de toute ses forces,mais aucun son ne sort Sad ,oh mon dieu je suis si attristé pour les familles qui ont été la victime de ces barbares,je ne peux memepas imaginer leur ressenti a cet instant precis Sad
enfin ,quoi qu'il en soit,allah yarhamhoum !!!
bonne fin de journée ,et vivement la suisse mustapha Rolling Eyes
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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 4 Oct - 20:05

RÉSUMÉ : Aziza s’est rendue chez les voisins. Ces derniers sont morts et elle glisse sur une flaque de sang. Le terroriste qui la cherche ne la reconnaît pas. Il la croit morte. Elle attend qu’ils soient partis pour retourner à la maison. Toute sa famille a été tuée. Son cri ramène le terroriste sur ses pas. Elle s’enfuit une nouvelle fois…



-4-


Aziza s’arrête, épuisée. Elle ignore combien de temps elle a couru car même après que le terroriste ait renoncé à la poursuivre, elle a continué. Elle a très mal à la poitrine et elle a un point de côté qui la plie en deux. La fillette veut s’asseoir un moment pour reprendre son souffle. Mais elle finit par s’assoupir.

Le jour s’est levé lorsqu’elle se réveille. Elle regarde autour d’elle et aperçoit une route, elle s’y dirige. Elle voit des passants. Ils doivent se rendre à leur travail.
Ces derniers en l’apercevant, échangent un regard. Son survêtement est taché de sang. Elle en a sur le visage, les mains.

- Elle doit être blessée…

Quand elle s’écroule, à quelques mètres d’eux, ils accourent.

- Est-elle morte ? demande l’un d’eux. Prends son pouls, voit si elle respire…

L’autre se penche sur sa poitrine et il soupire de soulagement. Il sourit même.

- Elle est en vie, leur dit-il. Vite, il faut trouver un transport et l’emmener à l’hôpital !

- Est-elle blessée ? Regarde !

- Non.

- À qui est ce sang alors ?

Il hausse les épaules. Il n’en sait pas plus qu’eux. Il prend la fillette, dans les bras. Et tous quatre marchent à ces côtés. Des bruits de moteurs les poussent à se rabattre sur le bas-côté de la route. Ce sont des camions de l’armée. En plus des militaires, il y a des ambulances. Ils se rendent au village voisin. Une voiture de la gendarmerie s’arrête à leur hauteur en les voyant avec la fillette.

- Où l’avez-vous trouvée ? leur demande-t-on.

- Elle a surgi de l’autre côté de la route… Elle a perdu connaissance. Que s’est-il passé ?

- Il y a eu un massacre, hier soir, répond le gendarme. Cette fillette a réussi à leur échapper. Je vais appeler l’ambulance.

Cinq minutes après, la fillette est emmenée à l’hôpital le plus proche. Une femme médecin s’est occupée d’elle dès qu’elle est revenue à elle. Elle l’a examinée et le constat les rassure. Elle n’a subi aucune violence physique. Elle est sous le choc. Elle ne leur parle pas. Son regard est vide. Elle semble ailleurs, la tête encore pleine de l’horreur de la nuit passée.

Le médecin Nora lui pose des questions même si elle ne lui répond pas.

- Tu t’es enfuie seule ? Y avait-il quelqu’un avec toi ? Ta famille doit s’inquiéter, tu pourrais me dire ton nom pour qu’on aille les rassurer ?
La fillette secoue la tête.

- Pourquoi ? Leur serait-il arrivé quelque chose ?

De nouveau, elle secoue la tête. Le médecin sent bien que la petite a perdu sa famille. Un gendarme les a mis au courant. Plusieurs familles ont été décimées.

- Y a-t-il quelqu’un qu’on pourrait contacter ? Quelqu’un que tu aimerais voir ? Ta mère ? Ton père ?

La fillette réagit à cette question.

- Mon père, dit-elle doucement. Il travaillait…

- Où ?

- Il devait garder l’épicerie…

- Tu peux me dire comment il s’appelle, demande le médecin. Ainsi, on le retrouvera plus facilement.

- Il s’appelle Mourad, dit la fillette avant de lui apprendre qu’elle s’appelle Aziza.

- C’est un joli prénom, murmure le médecin. Moi, c’est Nora. Je vais aller me renseigner. Peut-être que ton père t’attend dehors ? Reste ici. Je te promets de vite revenir !

Le médecin sort du bureau et se rend auprès des gendarmes. Ceux-ci ont le visage fermé.

- Avez-vous les noms des vivants ? La petite a dit que son père gardait une épicerie. En savez-vous plus que tout à l’heure ?

- Oui. Les survivants sont des enfants…

Le médecin est toute aussi bouleversé qu’eux. Ces enfants n’ont plus de familles maintenant. Elle n’a pas le courage d’apprendre à Aziza que son père aussi est mort. Elle ignore que la fillette l’a suivie et écouté leur conversation. Quand elle la trouve en train de pleurer, elle ne trouve pas de mots pour la réconforter. Quels mots le pourraient ? Aucun…



(À suivre)
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nadia009
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 4 Oct - 22:44

ces récits sont tellement prés de la vérité qu ' on se croirait avec le personnage du récit , elle te communique même ses angoisses et c'est les souvenirs de ces années noires que les gens ont vécus et racontés qui réaparaissent.
peut être que je vais plus lire la suite Evil or Very Mad
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 4 Oct - 23:13

c'était affreux !
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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Ven 5 Oct - 20:24

Résumé : Aziza a couru longtemps, jusqu’à épuisement. Lorsqu’elle revient à elle, il fait jour et des passants la prennent pour morte. Emmenée à l’hôpital, elle revient à elle. Le médecin est bouleversé. Les survivants ne sont pas nombreux. Aziza n’a plus de famille. Le médecin ne trouve pas de mots pour la réconforter…


-5-


Aziza est retombée dans le mutisme au grand désespoir du médecin qui veut en savoir plus sur elle et sa famille.

- Tu dois bien avoir quelqu’un chez qui aller ? Tu as bien un oncle ? Une tante quelque part ! Je t’en prie, essaie de te rappeler !
Aziza secoue la tête. Elle ne connaît aucune tante et elle ne se souvient pas avoir d’oncle.

- Il doit bien y avoir quelqu’un ! s’écrie-t-elle désespérée par son cas. Essaie de te rappeler ! Sinon ils vont te confier à la DAS.

La fillette secoue encore la tête. Les yeux pleins de larmes, elle semble s’être résignée au fait de ne plus avoir de famille.
Le médecin s’assoie près d’elle et lui prend les mains.

- Je voudrais t’aider…

- Personne ne peut m’aider, répond la fillette. Je n’ai plus de famille…

- Les gendarmes veulent te poser des questions, dit le médecin.

T’en sens-tu capable ?

Aziza secoue la tête.

- Tu pourrais les accompagner pour récupérer des affaires, propose le médecin. Tu as besoin de te changer. Tu voudras sûrement prendre des choses chers en ton cœur ! C’est la seule occasion. Après…

- Ils vont me confier à qui ?

- Je te l’ai expliqué, dit le médecin. Si tu avais de la famille, tu leur serais confiée, mais puisque tu te retrouves seule, ils vont devoir te trouver une famille d’accueil ! En attendant, tu dois leur dire tout ce que tu sais pour arrêter les terroristes. D’accord ?

De nouveau, la fillette secoue la tête. Que ne ferait-elle pas pour qu’ils les arrêtent ?

Nora va voir les gendarmes, ces derniers sont venus interroger Aziza mais elle ne leur apprend rien de plus. La description qu’elle fait du terroriste-bourreau qu’elle a bien vu pourtant, se révèle anodine. Il n’y a rien dans sa description qui puisse les aider à mettre un nom à son visage. Il n’est pas connu des services de sécurité. Certainement une nouvelle recrue.
En attendant, les habitants du village qui ont trouvé la mort, durant la nuit, sont enterrés. Aziza n’y a pas été. L’odeur moribonde est insupportable. Même les plus endurcis se sentent mal à la vue des corps massacrés, méconnaissables tant le bourreau s’est acharné à les défigurer.

Le village est sorti de l’ombre, de l’anonymat. Son sort tragique bouleverse tout le monde. On ne comprend pas pourquoi ils s’en sont pris à eux, pourquoi les femmes, les enfants, tous innocents… Quelques jours après avoir été placée dans un centre, l’enquête révélera bien qu’elle n’a plus aucun parent, même éloigné. Une famille originaire de Tipasa voulait bien l’accueillir. La directrice du centre est heureuse de rencontrer la famille.

- Il faudra être patients avec Aziza, leur conseille-t-elle. Elle ne pleure pas et ne parle jamais de sa famille, morte tragiquement. Elle garde tout enfoui en elle et c’est mauvais. Peut-être que si elle se sent en sécurité et aimée, elle parlera ?

- Je ferais tout pour que ce soit le cas, promet Dalila, la mère de trois enfants, déjà grands. Ma fille Hamida sera comme une grande sœur pour elle. Je vous promets de prendre soin d’elle ! Elle ne manquera de rien…

- Vous me rassurez et je sens bien que vous être sincère, dit la directrice avant d’envoyer quelqu’un chercher la fillette. N’oubliez jamais qu’elle revient de loin et qu’elle a vu la mort dans toute son horreur ! Soyez patients avec elle. Vous êtes maintenant son unique famille ! Ne l’oubliez jamais, elle n’a plus où aller.

Dalila renouvelle sa promesse.

Si elle et son mari Saïd ont proposé d’accueillir un ou deux enfants, c’est parce qu’ils veulent les aider. Ils s’en sentent capables.
Lorsqu’ils voient Aziza, ils sont pris d’affection pour elle. Dalila la prend dans ses bras tenant à la réconforter. Mais elle la sent se raidir et elle comprend.


(À suivre)
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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Dim 7 Oct - 0:37

RÉSUMÉ : Après avoir répondu aux questions des gendarmes, Aziza est emmenée dans un centre. Comme elle n’a plus de famille, elle est confiée à une famille d’accueil. La directrice leur recommande d’être patients avec elle. Elle revient de loin, elle a vu la mort dans toute son horreur, leur rappelle-t-elle, avant de la leur confier.



-6-


- De la patience, dit Dalila. Avec le temps, elle finira par se rapprocher de nous.

Tout comme elle, sa famille a remarqué que la fillette ne faisait aucun effort. Elle est là depuis quelques jours et elle ne leur parlait pas. Elle se contentait de répondre aux questions.

- Tu pourrais venir ici, lui dit Dalila en tapotant sur le canapé où elle est assise. Près de moi…

Aziza s’approche et s’assoie près d’elle. Elle ne s’écarte pas quand Dalila passe son bras autour d’elle pour la rapprocher.
- Comme ça, tu seras mieux.

Aziza a l’ombre d’un sourire avant de se tourner vers la télévision.

- Tu veux regarder quoi ?

- Ce que tu veux, répond la fillette.

- Toi aussi, tu peux choisir, insiste Dalila. Un film ou des dessins animés ?

- Je vais lire un peu, dit Aziza.

- Tu veux que je t’aide à choisir un bon livre ? propose Dalila qui ne désespère pas de lui arracher un beau sourire. Si ceux-là ne te plaisent pas, on pourrait aller à la librairie en acheter !

- Non, non !

- Et si je veux te gâter ?

Aziza hausse l’épaule. Qu’elle soit gâtée ou pas, cela lui importe un peu.

- Je le suis déjà, répond-elle. Je vous ai… C’est mieux qu’un cadeau ! Il y a tout ce qu’il faut à la maison.

- Bien, bien ! Mais n’hésite pas à demander, à dire ce que tu penses ! la prie Dalila en l’embrassant sur la tête. Je veux te voir souriante. Tu n’as plus de souci à te faire ! On est là ! On sera toujours là. La fillette s’écarte, bouleversée. Dalila se lève et la suit dans la chambre. Pour la première fois qu’elle est avec eux, elle lui a parlé et elle ne cache pas ses sentiments. Elle pleure.

- Qu’y a-t-il ? Qu’ai-je dit ?

- Ce n’est pas vrai ! crie Aziza. Vous ne serez jamais là, tout le temps. Vous ne pourrez pas tenir votre promesse…

- Mais si !

- Non ! Ma famille n’est plus là. Vous aussi, un jour…

Dalila tente de la prendre dans ses bras et elle doit presque la forcer pour la regarder dans les yeux.

- Tant que Dieu nous prêtera vie, on sera toujours là, dit-elle en s’efforçant de ne pas pleurer. Comprends que parfois, on est dépassé par la situation mais on fera tout pour rester ensemble ! Tu fais partie de ma famille, de nos vies ! Plus jamais, tu ne seras seule !

- Jure-le moi !

Lorsque Dalila le lui promet, Aziza se blottit dans ses bras. Toutes deux pleurent. Pour la première fois, Aziza trouve du réconfort. Elle se sent mieux.

- Maintenant, dis-moi, est-ce que tu es prête à retourner en classe ?

- Oui…

Ce qu’elle ne lui a pas dit c’est que Saïd l’a déjà inscrite à l’école du quartier. Il a aussi acheté des affaires scolaires et des vêtements neufs. Dès le lendemain, Dalila l’emmène à l’école. Et tous les jours suivants. Elle ne veut pas que Aziza ait l’impression d’être abandonnée.

- Tu sais, je connais le chemin maintenant, lui dit-elle un matin. Je te promets de ne pas traîner…

- Alors comme ça, on ne veut plus de ma compagnie ! s’écrie Dalila, surprise.

- Non, tu as des tas de choses à faire. Je suis assez grande pour aller à l’école toute seule !

- Bien !

Dalila la laisse partir non sans lui avoir donné quelques conseils avant. Seulement, une heure après, elle regrette de ne pas l’avoir accompagnée. La maîtresse vient de l’appeler, pour savoir pourquoi Aziza n’est pas venue en classe…



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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Lun 8 Oct - 2:09

le pti suisse bounce
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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Lun 8 Oct - 7:24

Résumé : Dalila, la mère d’accueil, fait tout pour créer un lien avec la fillette mais celle-ci garde ses distances. Elle ne veut pas s’attacher à eux. Dalila lui promet d’être toujours là. Inscrite à l’école du quartier, elle l’y emmène chaque jour. Aziza demande un jour à y aller seule. Mais elle n’y arrivera pas. Sa maîtresse donne l’alerte…



-7-




-Saïd, il faut que tu viennes ! Aziza a disparu !

- Comment “disparue” ? Elle est certainement en retard ! dit le mari, refusant de céder à la panique. Comment sais-tu qu’elle n’est pas encore arrivée ?

Dalila lui explique avoir remis son numéro à la maîtresse d’école.

- Tu me rejoins ?

- Oui, la rassure-t-il. Le temps de prévenir mon responsable ; je te retrouve où ?

- À l’école, décide-t-elle. Je vais partir et demander sur mon chemin si on ne l’aurait pas vue !

Elle regrette de ne pas l’avoir prise en photo. Elle aurait pu lui servir. Elle prend les clefs et part après avoir fermé. Pour se rendre à l’école, elle passe par le chemin habituel et elle interroge le boulanger, le buraliste, le fleuriste et le cordonnier qui les ont déjà vus ensemble.

- Non, je ne l’ai pas aperçue, répond ce dernier. Je ne crois pas qu’elle soit passée ce matin…

- Si elle n’a pas emprunté le chemin habituel, où est-elle allée ? Pourquoi ne s’est-elle pas rendue en classe ? s’interroge-t-elle. Savez-vous s’il y a eu un accident dans le quartier ?

- Non, je ne crois pas !

À l’école, ces nouvelles camarades de classe ne l’ont pas vue. Saïd l’y rejoint et de nouveau, ils empruntent le même chemin. Ils sont inquiets. Ils ignorent que faire. De retour chez eux, ils demandent aux voisins. Certains l’ont vue partir à l’école. Ils proposent de les aider dans leurs recherches. Pendant toute la matinée, ils cherchent. Dalila participe aussi, elle a mauvaise conscience. Elle regrette de ne pas l’avoir accompagnée. Elle ne serait pas en train de trembler pour elle.

- Saïd, il m’est venu l’idée qu’elle est peut-être allée à son village ! dit-elle lorsqu’ils se retrouvent à la maison pour accueillir leurs enfants qui doivent rentrer de classe à midi. Et si on allait aux arrêts de taxi ?

- Elle serait partie avec quoi ? réplique son mari. Non, elle ne peut pas être partie. Elle est sans argent et elle ne connaît pas le quartier. Les arrêts de taxi sont loin d’ici. Elle n’y est jamais allée !

- Oui, mais elle a pu se renseigner ! insiste Dalila. On ne perd rien à s’y rendre ! Peut-être qu’elle est là-bas ?

Saïd ne refuse pas. Ils se rendent aux arrêts de taxi, quelques ruelles plus loin. Lorsqu’ils aperçoivent la fillette, assise sur le bord du trottoir, ils courent vers elle. Un court instant, Saïd manque de s’emporter. Elle leur a donné une belle frayeur. Mais sa colère tombe vite quand elle lève la tête vers eux. Elle pleure, son menton tremble. Dalila la prend dans ses bras. Elle n’a pas le cœur à la gronder.

- Je suis si heureuse de te retrouver, lui dit-elle en la serrant très fort. J’ai eu peur pour toi. Je croyais que tu as eu un accident ! Ou que tu t’étais perdue…

- Je me suis égarée, alors, je suis restée ici. Je savais que tu me chercherais !

- Allez, viens ! On rentre à la maison ! Les enfants doivent être rentrés. S’ils sont au courant, ils doivent s’inquiéter !

- On rentre alors !

Saïd prend Aziza dans ses bras. Un quart d’heure après, ils sont à la maison. Leurs enfants au courant entourent Aziza, lui prouvant combien ils se sont attachés à elle.

Dalila est dans le salon, remerciant leurs voisins venus aux nouvelles. Ils sont soulagés pour eux. En fait, après leur départ, Saïd remarque qu’elle est toujours anxieuse.

- Tu ne t’es pas encore remise de ta frayeur, dit-il. Cela aurait pu être pire !

- Oui, mais je viens de réaliser qu’il faut qu’on parle avec elle, réplique-t-elle. Je suis sûre qu’elle ne s’est pas égarée. Si elle recommence, je n’aurais pas le choix, on devra la ramener au centre ou la confier au village d’enfants !




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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 11 Oct - 12:46

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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 11 Oct - 17:44

Résumé : Dalila, Saïd et leurs voisins partent à la recherche de la fillette. Ils la retrouvent plus tard, aux arrêts de taxi. Ils viennent de connaître la frayeur de leur vie. Dalila en particulier. Elle décide de mettre en garde Aziza. Si elle recommence, elle la ramènera au centre…


-8-





Ce jour-là et même toute la semaine, Aziza n’ira pas en classe. Dalila et Saïd, qui l’avaient connue très calme, vivent un véritable cauchemar éveillé. Avant, Aziza dormait tranquillement mais depuis la fois où elle s’est égarée, elle ne cesse de faire des cauchemars et passe une grande partie des nuits à crier.

La psychologue qui la suit a des difficultés à la faire parler. Ce n’est qu’au bout d’un mois qu’elle parvient à établir un contact avec elle. Aziza lui raconte ses cauchemars.

- Je revois ma famille, lui dit-elle. Ils saignent de partout…

- Tu n’étais pas là quand ils ont été tués ?

- Oui… Seule ma grand-mère est morte sur mes genoux. Chaque nuit, elle vient me voir, confie la fillette. Parfois je crois que je suis morte !

- Quand sais-tu que tu ne l’es pas ?

- Quand Dalila me réveille.

- Tu es bien avec eux ? Comment les trouves-tu ?

- Bien, répond la fillette. Ils se font beaucoup de soucis pour moi…

- Parce qu’ils t’aiment.

- Je crois qu’ils ont pitié de moi. Je leur fais de la peine, reconnaît Aziza. C’est pourquoi ils m’ont accueillie chez eux !

- Ils le voulaient et maintenant ils t’aiment plus que tu ne l’imagines ! insiste la psychologue. Tu es bien avec eux ? Tu ne manques de rien ?

- Ils ne peuvent pas remplacer ma famille, lâche la fillette. Ma mère me manque…

- Tu étais très proche d’elle, en conclut la psy. Avec Dalila, comment cela se passe ? Est-ce qu’elle se comporte avec toi comme si elle est ta maman ?

- Oui, mais je ne veux pas !

- Tu as peur de t’attacher à elle ? Tu as peur d’être séparée de ceux que tu aimes ?

- Non, non…

Mais la réponse est claire pour la psychologue. Après les séances où elle a pu lui arracher ces vérités, parfois déguisées, elle éprouve du soulagement. Il lui reste beaucoup à faire. Elle sent que Aziza en a vu plus qu’elle ne le dit. Lorsque Dalila lui apprend que son sommeil est toujours troublé par des cauchemars, elle se demande comment l’amener à parler de ce qu’elle revit chaque nuit.

- Et si on dessinait ? propose-t-elle un jour où Aziza gardait les lèvres pincées et refusait de parler. Enfin, dessine ce que tu veux en attendant que Dalila revienne…

La psy avant de sortir du bureau lui donne de quoi dessiner et va dans la salle d’attente où il y a Dalila. Ces autres patients ne sont pas encore arrivés. Elle en profite pour discuter avec elle. Dalila est épuisée. Elle est à bout.

- Il y a des moments où elle s’accroche à moi comme si elle avait peur que je disparaisse, confie-t-elle. Puis, elle se renferme. C’est à peine si elle me regarde, si elle me répond. Je ne sais pas quoi faire !

- Elle souffre… Elle est traumatisée au fond, et ses peurs, parfois elle ne parvient pas à les exprimer ! lui explique la psy. Elle a peur de s’attacher et de vous perdre comme cela a été le cas avec sa famille !

- On sera toujours là pour elle, dit Dalila. Il y a des moments où je me sens à bout. Même ma famille en souffre. Si Aziza ne fait pas d’effort et que notre vie ne reprenne pas son cours normal, je crains qu’elle ne nous laissera pas le choix.

- Soyez patiente, lui conseille la psy. C’est à peine si elle s’est mise à me parler. Elle est sur le chemin de la guérison. Dès qu’elle se sera libérée des démons qui l’empêchent de dormir votre vie reprendra un cours normal ! Je vous en prie, soyez patiente et prête à lui ouvrir vos bras lorsqu’elle se tournera vers vous.

Dalila se sent beaucoup mieux après avoir discuté avec elle. La psychologue ne tarde pas à retourner dans son bureau. Elle ne s’approche pas tout de suite du coin où Aziza dessine.

- Aziza, Dalila est là. Si tu veux partir, c’est bon ! On se revoie dans trois jours.

La fillette ne part pas tout de suite. Elle déchire son dessin avant…






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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 11 Oct - 17:45

RÉSUMÉ : Durant toute la semaine, Aziza n’ira pas en classe. Dalila l’emmènera chez une psychologue. Celle-ci réussit à établir un contact. Aziza lui raconte beaucoup de choses. Mais ses nuits de cauchemars lui révèlent qu’elle garde le pire en elle. Elle trouve le moyen de le savoir en lui demandant de dessiner. Aziza le fait mais déchire le dessin avant de partir…




-9-





La psy attend qu’elle soit partie pour ramasser les morceaux de papier. Il ne lui est pas difficile de recomposer le dessin. Un dessin qui apporte son lot d’explications. Tout ce qu’elle ne lui a pas dit se voit.



- Elle a tout vu…


Ces corps de femmes nues et en sang lui prouvent qu’elles ont été violées avant de trouver la mort. Des enfants dorment, les gorges ouvertes. Aziza a bien dessiné leurs yeux fermés.


- Pauvre petite ! Ce sont ces images qui t’ont marquée. Seulement, pourrais-tu en parler un jour ?


Ayant le numéro de téléphone de Dalila, elle l’appelle le soir. Dalila est surprise de l’entendre.


- Aurais-je oublié quelque chose ?


- Non… Je tenais à vous demander de garder Aziza loin de la télé. La vue du sang, une scène de crime ou de viol peut la bouleverser ! Elle a dessiné des femmes nues, égorgées. Soit, elle a assisté au viol puis à leur mort, soit elle les a vues après et ce sont ces souvenirs…


- Donc, je dois garder un œil sur le programme de la télé, en conclut Dalila. Si cela peut l’aider à aller mieux !


- Évitez les discussions où on parle d’actualité, lui conseille la psy. Il faut tout faire pour qu’elle oublie !


Dalila lui promet d’être vigilante. Une fois qu’elle a raccroché, elle a l’idée de rapporter la discussion à son mari et sa fille aînée. Elle leur explique qu’un rien peut la terroriser.


- Plus de film de violence… On ne regarde plus les infos en sa présence…


Ses deux autres enfants ne regardant pas la télé en semaine ne posent pas de problème. Ils sont trop jeunes pour être mis en garde. Ils ne comprendraient pas et peut-être même qu’ils en parleraient à Aziza.
Dalila ne veut pas prendre ce risque. Elle espère que toutes ces précautions pourront épargner à Aziza de souffrir. Ces souvenirs sont trop vivaces. Le fait de rester à la maison n’arrange pas les choses.


- Si tu allais mieux, tu pourrais retourner en classe ! lui dit-elle lorsqu’elle lui tient compagnie dans la chambre pour l’aider à s’endormir. Tu aurais des nouvelles copines, tu pourrais jouer et sortir avec elles. Tu n’as pas envie d’avoir des copines ?


- Si.


- Je sais que ce n’est pas le moment, poursuit Dalila, mais lorsque tu le voudras, tu pourras retourner en classe.


- Je veux bien, dit Aziza. Mais promets-moi de m’accompagner tous les jours !


- Bien sûr ! Je ne te laisserais plus jamais partir seule, jure Dalila, soulagée d’avoir pu se rapprocher d’elle, d’avoir discuté avec elle. Tu peux compter sur moi. Tout se fera comme tu le veux !


Aziza ne parle pas de ce qu’elle veut. Ce soir-là, au grand soulagement de toute la famille, elle dormira à poings fermés. Même les nuits suivantes.
Dalila et Saïd sont si surpris qu’ils mettent au courant la psy. Celle-ci leur recommande d’être encore plus prudents avec la fillette.


- Elle a tout gardé dans son cœur, leur dit-elle. À la prochaine séance, je serais fixée. Si elle parle de ce qu’elle a vu et entendu, c’est qu’elle sera en train de se remettre.


- Et si elle n’en parle pas ?


- Alors, il faudra encore patienter et garder les yeux sur elle, insiste la psy. Même si elle paraît bien…






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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 11 Oct - 17:46

Résumé : La psy appelle Dalila et lui donne de nouveaux conseils. Dans le dessin, elle en a appris plus sur ce que Aziza a vu. Dalila en parle avec sa fille aînée et son mari. Ils font tout pour qu’elle oublie et évitent tout ce qui peut lui rappeler cette nuit d’horreur. Aziza voudrait retourner en classe. Dalila consulte la psy. Celle-ci leur conseille d’attendre…



-10-





La famille d’accueil suit les conseils de la psy. Elle évite, en présence de Aziza, d’aborder des sujets susceptibles de lui rappeler de mauvais souvenirs. La fillette va beaucoup mieux et le fait qu’elle dort bien leur permet de récupérer après toutes les nuits blanches passées à son chevet.

Dalila est heureuse. Leur vie a repris un cours normal et Aziza s’est rapprochée d’eux. Elle leur parle, leur pose des questions. Lorsqu’elle demande à retourner en classe, elle ne peut le lui refuser.

En allant vers le monde extérieur, elle ne s’en portera que mieux. Elle s’endurcira, elle sera capable de l’affronter. Dalila sait qu’ils ne pourront pas toujours être là pour la protéger. Elle aura de nouvelles camarades avec qui jouer, avec qui partager ses joies et ses peines. Sa nouvelle famille sait bien qu’il lui faudra du temps pour oublier et se remettre à vivre. En insistant pour retourner à l’école, tous pensent et croient qu’elle est en train de reprendre goût à la vie.

Chaque semaine, elle s’est rendue à ses séances chez la psy. Celle-ci trouve que c’est trop tôt lorsque Dalila lui demande son avis.

- Toutes les horreurs qu’elle a vécues, elle les a encore en elle, lui dit-elle. Tant qu’elle ne m’en aura pas parlé, tant qu’elle n’aura pas pleuré et crié sa peine, tant qu’elle n’aura pas tourné la page, on ne pourra pas la considérer comme guérie. Le traumatisme est plus profond qu’il n’y paraît. Et les séquelles de la violence terroriste, on ne les connaît pas vraiment. Seul le temps apportera des réponses à ces questions.

- Oui, mais moi, ce qui m’importe, c’est Aziza, insiste Dalila. Vous croyez qu’elle n’est pas prête. Le retour en classe n’est pas un remède pour sa guérison ? Pour son moral ?

- C’est trop tôt, dit la psy. Elle est plus fragile que vous le croyez ! Un rien peut la déstabiliser. Ne prenez pas ce risque. Vous le regretterez !

- Mais si elle insiste ?

La psy ne veut pas être désagréable mais elle ne peut s’empêcher de remarquer.

- En l’envoyant en classe, vous serez plus tranquille ! Là, il n’est plus question de Aziza mais de vous. Vous voulez prouver que vous êtes arrivée à l’aider ! Si cela marche, tant mieux ! Si ce n’est pas le cas, c’était prévisible ! Cela vous donnera bonne conscience.

- Je ne vous permets pas de me parler sur ce ton ! s’écrie Dalila. Je veux ce qu’il y a de mieux pour Aziza !

- Alors, suivez mes conseils !

Dalila appelle la fillette qui l’attendait dans le bureau. Elle lui prend la main et part sans même dire au revoir à la psy.

- Quelque chose ne va pas ? demande Aziza. Tu es fâchée ?

- Non, non…

Elles rentrent directement à la maison. Dalila confie Aziza à sa fille.

- J’ai une course à faire, lui dit-elle. Je ne tarderais pas, promet-elle avant de repartir.

Hamida garde Aziza avec elle dans la chambre où elle révise ses leçons. Elle ne trouve pas mieux que de lui donner une bande dessinée à lire en attendant le retour de sa mère. Le nez plongé dans son livre de philosophie, elle ne voit rien de ce qui se passe près d’elle. Aziza est dans tous ses états et ce n’est pas sans raison.






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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Dim 14 Oct - 0:37

c'est passé de l'horible aux croustillant Very Happy vivement la suite,
saha aidek mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Dim 14 Oct - 0:45

Merci RoniN, Taqabal Allah minna wa minkom.

RÉSUMÉ : Plusieurs semaines passent. Aziza semble aller mieux. Elle continue à se rendre chez la psy. Dalila manque de se quereller avec cette dernière. Elle ne comprend pas pourquoi elle refuse de laisser Aziza retourner en classe. Elles rentrent à la maison. Aziza est confiée à Hamida, le temps de l’absence de Dalila. Hamida lui donne une bande dessinée qui la met dans tous ses états…


-11-




Ce sont les pleurs de Aziza qui la pousse à regarder. Hamida lui arrache des mains les quelques pages de la bande dessinée qu’elle n’a pas encore déchirées.

- Hé, du calme ! lui ordonne-t-elle. Qu’est-ce qui t’arrive ? Pourquoi pleures-tu ?

- Le livre, sanglote la fillette.

- Il ne te plaît pas ? Ce n’est pas une raison pour que tu en fasses des confettis ! dit Hamida, fâchée. Il n’est pas à moi ! Mais à mes frères…

- Je l’ai déjà lu, réplique Aziza. La nuit où… la nuit où… Il n’était pas à moi… il était à ma copine, je devais le lui rendre !

- Elle doit savoir qu’il est arrivé malheur, dit Hamida. Elle ne doit pas t’en vouloir. Ces choses-là sont vite pardonnées et oubliées dans ce genre de situation, ajoute-t-elle pour la réconforter.

- Et si elle était morte ?

- Rien ne prouve qu’elle le soit, la rassure Hamida. Tu sais, il y a eu des survivants.

- Je ne l’ai pas vue au centre, se rappelle Aziza en pleurant toujours.
Je suis sûre qu’elle est morte.

- Non, non, moi, je suis sûre du contraire, affirme la jeune fille.
Si tu veux, on n’a qu’à écrire, pour avoir des renseignements ! Avec un peu de chances, on saura où elle vit maintenant !

- C’est vrai ? Tu ferais ça pour moi ?

- Bien sûr… Dans le tiroir de la commode, il y a du papier à lettres et des enveloppes, dit Hamida en lui montrant le tiroir. Apporte-les. Je vais écrire tout de suite la lettre au commissariat de ta région !
Aziza l’assiste dans l’écriture. Elle lui donne les nom et prénom de sa camarade de classe, le nom du village. Son regard est plein de reconnaissance lorsqu’elles ont fini. Alors que Hamida ferme l’enveloppe, elle lui saute au cou.

La jeune fille réalise combien Aziza ne cesse de penser au passé et à tout ce qui l’avait composé.

- Merci, merci…

- De rien… Seulement, à partir d’aujourd’hui, je veux te voir sourire plus souvent et plus jamais de larmes ! lui ordonne Hamida. Tu n’es pas bien avec nous ?

- Si, si… C’est mieux que le centre mais ce n’est pas aussi bien qu’avec ma famille, ajoute-t-elle.

- Je comprends, dit Hamida, en la prenant dans ses bras pour l’emmener à la salle de bains. Chéris tous les beaux souvenirs que tu as d’eux ! La famille, c’est irremplaçable, reconnaît-elle. Seulement, maintenant, tu fais partie de la nôtre ! Tu sais, j’ai toujours voulu avoir une petite sœur !

- Moi aussi !

Hamida la regarde se rafraîchir le visage. Elle lui peigne les cheveux et les lui tresse. Lorsqu’elles sortent de la salle de bains, elles tombent sur Dalila. Celle-ci remarque leur complicité. Elle sourit.

- Tu as fait vite, dit Hamida.

- Oui, c’était juste une petite course. Et comme j’avais besoin de marcher, réplique Dalila. Où sont tes frères ?

- Ils regardent la télé…

- Je vais leur parler, dit Dalila en allant au salon.

En fait, elle a besoin de leur coup de main. Ils rangent le salon et accrochent des ballons en forme de cœur. Elle était sortie acheter un gâteau et un cadeau. Dès que Saïd arrive, elle surprend Aziza. Pour la deuxième fois, elle pleure à chaudes larmes. Elle a complètement oublié que c’est son anniversaire. Toutes leurs petites attentions lui rappellent combien sa famille lui manque.

- Allez, fais un vœu ! la prie Hamida.

La fillette ferme les yeux, se demandant si son vœu peut vraiment se réaliser. Car il relève de l’impossible…




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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Dim 14 Oct - 12:18

ensuite study
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Aujourd'hui à 17:03

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