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 La nouvelle d\'Adila Katia.

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RoniN
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Mer 17 Oct - 23:18

ghir el khir mustapha ,pourquoi une telle absence ?
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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 18 Oct - 11:27

Encore désolé pour l'absence, voici les épisodes 12 et 13.


RÉSUMÉ : Aziza s’est rappelée avoir déjà lu la bande dessinée. Elle pense à sa camarade de classe. Pour la rassurer, Hamida écrit au commissariat de sa région, pour savoir si elle est en vie. Ce soir-là, Dalila fait une surprise à Aziza. Ils fêtent son anniversaire. Aziza fait un vœu bien particulier…

-12-





Aziza se rappelle les anniversaires fêtés en compagnie de sa famille. Il n’y avait pas de ballons, de pièce décorée, de cadeau même, juste un petit gâteau fait à la maison. Un gâteau que toute la famille goûtait et appréciait. Elle se souvient avoir aidé sa mère à la préparation lorsque c’était l’anniversaires de ses frères.Toute sa famille n’est plus là pour y assister. Comme sa famille lui manque. La fillette ne s’en rend pas compte mais elle pleure. Ce n’est que lorsque Hamida pose la main sur ses épaules qu’elle réalise. Elle s’excuse.

- Je ne voulais pas pleurer…

- On comprend, dit Dalila. C’est tout à fait normal ! Tu n’as pas encore ouvert ton cadeau ! Allez, ouvre-le !
Les yeux de Aziza s’illuminent en découvrant une grande poupée en robe de mariée. Il y a aussi des accessoires pour lui changer de coiffure.

- Oh, merci ! Comme elle est belle ! Je n’en ai jamais eu, leur dit-elle. Même mes frères n’en ont jamais eu.

Dalila et Saïd échangent un regard. Ils ne savent pas quoi lui dire. Ces souvenirs qui lui reviennent à tout moment du jour et de la nuit risquent de ne pas l’aider dans son rétablissement. Toute la famille a remarqué qu’elle parle plus d’eux qu’avant.

- Je suis mal à l’aise lorsqu’elle parle d’eux ! dit Dalila.

- Tu sais qu’elle n’oubliera jamais. Cela fait partie d’elle, réplique-t-il. Il faut qu’elle apprenne à vivre avec, sans en souffrir ! Espérons que ce soir son sommeil ne sera pas troublé.

Tous deux gardent un œil sur elle. Après le dîner, Aziza se met tout de suite au lit. Dalila s’inquiète.

- Est-ce que tu te sens mal ?

- Non, je veux juste dormir, dit la fillette. Comme ça mon vœu se réalisera !

- Ton vœu ?

- Je ne peux pas t’expliquer !

Dalila n’insiste pas. Mais elle laisse la porte ouverte. Elle rejoint Hamida à la cuisine.

- Je ne sais pas ce qu’elle attend cette nuit, lui dit-elle. Crois-tu qu’elle espère rêver de sa famille ? Que c’est son vœu ?

- Oui… C’est tout ce qu’elle peut espérer faire durant son sommeil !

Durant la nuit, après que tous se soient endormis, Dalila, toujours inquiète, reste dans le salon. Elle a demandé à Hamida de laisser la porte de la chambre ouverte pour entendre Aziza. Saïd voyant qu’elle avait quitté le lit, la rejoint au salon. La télévision est allumée mais Dalila a coupé le son. Elle s’est aussi assoupie en attendant…

- Tu t’inquiètes pour rien, lui dit-il. Elle dort à poings fermés. Tu devrais faire comme elle.

- Elle espère rêver de sa famille, répond-elle. J’ai peur qu’elle se réveille effrayée. Ses cauchemars sont traumatisants.

- Oui, mais elle était bien avant de se coucher, la rassure Saïd. Allez, viens dormir. On laissera la porte ouverte. Si elle crie, on accourt !
Dalila consent à l’écouter.

Avant de se mettre au lit elle s’assure que Aziza dort bien. Sa poupée contre elle, elle semble sourire dans son sommeil. Rêve-t-elle de sa famille disparue si tragiquement ?

Elle ne peut pas la réveiller pour lui poser la question. Elle devra attendre le matin pour en avoir le cœur net. Lorsqu’elle se met au lit, elle ne tarde pas à s’endormir. Cette nuit-là, ce n’est pas Aziza qui fait un cauchemar mais elle.






(À suivre)
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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 18 Oct - 11:28

RÉSUMÉ : Aziza ne cesse de penser et de parler de sa famille, des anniversaires passés. Dalila est inquiète. Elle croit que Aziza allait renouer avec les cauchemars. Elle la surveille une grande partie de la nuit. Mais ce soir-là, c’est elle qui fait un cauchemar.

-13-






-Bonjour! Aziza saute sur le lit de Dalila qui dort encore. Saïd et les enfants sont déjà levés.

- Hé ! C’est bientôt l’heure ! dit-elle en tirant sur la couverture pour la réveiller.

- L’heure de quoi ? réplique Dalila en s’étirant. Que veux-tu ?

- Je veux aller à l’école, répond la fillette. J’ai beaucoup de choses à apprendre !

- Tu as toute la vie pour apprendre !

- Non, non, insiste Aziza. Je ne dois plus perdre de temps. Maman me l’a dit hier soir !

- Quoi ?
La fillette sourit et lui apprend qu’elle avait fait un vœu très particulier.

- Je voulais la rêver, lui dit-elle, comme avant. Je voulais parler avec elle…

- Et tu as pu discuter avec elle ? l’interroge Dalila, en remarquant son regard pétillant de joie.

- Oui, elle m’a dit de vivre. Que je devais continuer sans eux, répond Aziza, puisque un jour, on se retrouvera !

- C’est bien. Et c’est pourquoi tu veux retourner en classe ? lui demande Dalila avant de lui rappeler qu’elle a été longtemps absente. Cela fait plus de trois mois que tu n’y es pas allée.

- Je tiens à y retourner, insiste la fillette. Tu pourrais expliquer à la maîtresse pourquoi j’ai été absente !

- Ils savent déjà. Bon, je ne peux pas refuser ! Va te préparer.
Aziza lui saute au cou et l’embrasse avant de filer dans la chambre s’habiller. En moins d’un quart d’heure, Dalila est prête à l’emmener à l’école. Saïd et Hamida sont surpris.

- Tu ne nous avais pas dit qu’elle reprendrait le chemin de l’école aujourd’hui, lui fait remarquer son mari alors qu’elle se sert une tasse de café.

- C’est elle qui y tient, réplique Dalila en pensant au mauvais rêve fait la veille. Je ne peux pas refuser.

- Hier soir ton sommeil était agité, se rappelle-t-il. Etait-ce un mauvais rêve ?

- Oui, je me suis vue en danger dans une maison que je n’avais jamais vu, raconte-t-elle en soupirant. Un vrai cauchemar ! Aziza, viens prendre ton petit-déjeuner !

- Maman, elle l’a déjà pris ! dit Hamida.

- On se voit à midi, alors !
Saïd prend leurs enfants et les dépose devant leur école. Dalila et Aziza ne tardent pas à faire comme eux. Elles arrivent avant l’ouverture de l’école. Dalila va s’entretenir avec la maîtresse et le directeur. Elle leur explique pourquoi Aziza est restée si longtemps absente. Le drame qu’elle a vécu l’excuse. Ils ne sont pas indifférents à son cas et ils veulent bien qu’elle regagne sa place.

- Je viendrais la chercher à quatre heures !

- On gardera un œil sur elle, promet la maîtresse. Ne vous en faîtes pas. S’il y a quoi que ce soit, je vous appelle !
Dalila la remercie et rentre chez elle après avoir embrassé Aziza. En se rappelant sa joie, elle se tranquillise. Elle pense avoir pris la bonne décision. Même si la psy avait tout fait pour la convaincre d’attendre. Les propos qu’elle lui a tenus la veille ne peuvent plus troubler sa conscience…


(À suivre)
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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 18 Oct - 11:30

Et voila le 14 en prime :

RÉSUMÉ : Aziza insiste pour aller à l’école. Elle raconte à Dalila avoir rêvé de sa mère. Dans le rêve, elle lui aurait dit de ne pas perdre de temps. Dalila accepte. Elle l’emmène à l’école. Le directeur et la maîtresse ne refusent pas. Ils comprennent son cas délicat. Dalila rentre rassurée. Elle a bonne conscience…


-14-



- Tu vois, j’ai bien fait de la ramener en classe, dit-elle à son mari, quelques jours après. Aziza va beaucoup mieux et je crois qu’elle a une camarade.

- Tant mieux ! réplique-t-il avant de lui demander pourquoi elle ne l’a pas ramenée à la séance chez la psychologue.

- Elle n’était pas d’accord de l’envoyer en classe, lui rappelle Dalila. Et je n’ai pas apprécié qu’elle sous-entende que c’est pour que je sois tranquille !

- Soit, mais pour le bien de la petite, il faut qu’elle soit suivie jusqu’au bout ! insiste Saïd. Si tu ne veux pas l’y emmener, je peux m’arranger pour me libérer le lundi après-midi !

- Bonne idée ! réplique-t-elle, en lui donnant le numéro du cabinet. Appelle pour prendre rendez-vous !

La psychologue qu’il joint sans perdre de temps, jugeant que sa femme aurait pu faire un effort, lui fixe rendez-vous pour jeudi après-midi.
Dalila va mettre au courant Aziza qu’elle trouve en train de réviser.

- Tu as rendez-vous jeudi ! Saïd passera te chercher jeudi et c’est lui qui t’y emmènera. Dis moi, que fais-tu ? l’interroge-t-elle en la voyant cacher une feuille sous ses cahiers. Je peux voir ?

- Ce n’est rien…

Dalila n’insiste pas même si elle est curieuse de voir ce qu’il y a sur cette feuille. Elle attend que le dîner soit prêt pour les appeler. Aziza prend place à table. Hamida et les garçons mettent de l’ambiance. Après les avoir servis, Dalila trouve une excuse pour s’absenter un moment. Elle va à la chambre et fouille dans les affaires de Aziza.

Elle tombe sur des dessins et manque de se trouver mal. Aziza a dessiné des enfants morts, des hommes barbus brandissant des couteaux.

- Mon Dieu…

Elle réalise que derrière son sourire, sa mine enjouée et son entrain à étudier, Aziza continue de souffrir. Le fait d’extérioriser en dessinant prouve que la psy avait raison. Elle regrette de ne pas l’avoir emmenée en séance. Son orgueil avait pris un coup lorsqu’elle lui avait fait ses remarques. Par sa faute, Aziza a raté des séances qui l’auraient soulagée.

- Qu’est-ce que j’ai fait !

Dalila remet les dessins à leur place et reprend son souffle. Saïd remarque son visage pâle.

- Ça va ? lui demande-t-il.

- Oui, répond-elle, en s’efforçant à sourire. J’ai mal à la tête…

Son regard s’arrête sur ses enfants qui dînent tout en discutant des devoirs qui leur restent à finir. Elle croise le regard et le sourire de Aziza. Si les pensées les plus profondes pouvaient se lire, elle aurait su qu’elle ne doit pas s’y fier.

La fillette est encore mal et si Dalila est troublée, c’est parce qu’elle a conscience, plus que jamais, d’avoir manqué à son devoir, à ses promesses. Tout ça, par orgueil…



(À suivre)
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kaori
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 18 Oct - 18:23

salut tout le monde,
dis mustapha ce n'est pas les histoires publiées sur le journal "libérté" je ne savais pas que tu lisais ses nouvelles????? Rolling Eyes
bref, j'ai raté la fin est que tu peux m'envoé le lien pour lire directement la fin merci flower
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RoniN
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:06

Suspect
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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:16

désolé, je vais essayé de finir de poster la nouvelle ce soir.

Voila le lien : http://www.liberte-algerie.com/rub.php?idrub=89&rubrique=La%20nouvelle%20de%20Adila%20Katia

Résumé : Saïd propose d’emmener Aziza aux séances chez la psy. Dalila pense et croit qu’elle va mieux. Et ce, jusqu’au jour où elle découvre ses dessins. Des témoignages de l’horreur qu’elle a vécue. Elle réalise avoir manqué à son devoir, à ses promesses. Tout ça par orgueil…

15


-Je ne t’ai pas vue sourire depuis… depuis un moment, remarque Saïd. Quelque chose te tracasse ?

Dalila secoue la tête. Elle n’est pas fière d’elle. Depuis qu’elle a découvert les dessins de Aziza, sa mauvaise conscience lui gâche ses journées et même son sommeil en est troublé.

- En effet, reconnaît-elle. Je regrette de ne pas avoir écouté la psy. Aziza n’a que des images d’horreurs dans la tête. J’ai trouvé ses dessins et j’ai eu la chair de poule !

- Pourtant, elle paraît bien ces dernières semaines, dit son mari. Personne ne peut se douter des tourments qui l’habitent.

- Oui, seulement en apparence, soupire Dalila, que les regrets rongent. J’ai conscience d’avoir manqué à mon devoir…

- Tu as toute la vie pour te rattraper !

Elle remercie son mari. Il a réussi à lui remonter le moral. Elle reprend espoir. Elle est bien soulagée lorsqu’il emmène Aziza à sa séance chez la psy. Elle peut se reposer sur lui.

Aux nouvelles qu’apporte son mari, Aziza n’a toujours pas parlé. Il lui est encore impossible de raconter les atrocités qu’ont vécus sa mère et ses tantes.

À la deuxième séance Aziza consent à parler uniquement de sa nouvelle famille, de ses camarades de classe. Lorsque la psy tente d’orienter leur discussion, elle se ferme. Elle rentre à la maison, le visage décomposé. Elle ne devait pas apprécier que la psy la presse de questions chaque fois qu’elles se retrouvaient.

- Je ne veux plus y aller, dit-elle un soir à Dalila. Je perds mon temps.

- Comment peux-tu dire des choses pareilles ? Elle t’aide, la défend Dalila. C’est vrai, certaines discussions doivent te déplaire mais il faut bien que tu en parles à quelqu’un !

- J’ai des tas de leçons à revoir, j’en ai raté plein, dit Aziza. Je vais redoubler cette année si je n’ai pas de bonnes notes ce trimestre !

- Quel mal y a-t-il à redoubler ?

- Je ne veux pas être séparée de mes camarades, je tiens à rester avec elles ! insiste la fillette. S’il te plaît, laisse-moi réviser !

- Je veux bien, mais… que dis-tu si c’est moi qui t’emmène chez la psy, cette fois ? propose la mère d’accueil. Si tu veux, j’assisterais à vos discussions ?

- Je ne veux plus y aller…

Si Dalila n’insiste pas, elle n’en est pas moins inquiète. Elle ne sait quoi faire. Saïd est de son avis.

Elle doit continuer à voir la psy mais à la moindre allusion, ils voient bien que Aziza se raidit. Elle ne crie pas son refus mais il est si frappant qu’ils décident de ne plus en parler devant elle. Dalila appelle la psy, quelques heures avant le rendez-vous. Elle la met au courant du refus de la fillette.

- Je vois bien qu’elle souffre. Est-ce que je dois l’amener de force ?

- Non, non… On doit attendre. Elle n’est pas encore prête. Gardez un œil sur elle, lui conseille la psy. Soyez vigilante !

Dalila le lui promet. Elle prépare le déjeuner et en voyant qu’il est bientôt l’heure de la sortie des classes, elle prend ses clefs et ferme derrière elle. Comme d’habitude, elle se rend à l’école pour chercher Aziza. Elle arrive un peu en retard. Les élèves sont déjà sortis. Et Aziza ne l’a pas attendue…


(À suivre)
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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:18

RESUME : Dalila ne comprend pas par où la fillette a pu passer. Elle ne l’a pas croisée et en reprenant le chemin en sens inverse, elle ne la voit pas. Son mari et des voisins se joignent à eux pour la chercher. Un mendiant l’a aperçue…

-16-


Oh non ! Pas ça… Dalila s’accroche au bras de son mari. Les larmes qu’elle retient depuis longtemps coulent sur ses joues. Saïd regrette qu’elle ait entendu.

- Dès qu’elle a vu les hommes qui ont été arrêtés, elle a jeté son cartable ! Je l’ai ramassé, dit le mendiant. Elle est partie en courant de ce côté.

- Comment étaient ces hommes ? l’interroge Saïd.

Le mendiant passe la main sur ses joues et son menton.

- Ils devaient ressembler aux barbares qui ont massacré sa famille, en conclut Dalila, en essuyant ses larmes. Saïd, il faut aller à la police. On va avoir besoin d’eux pour la retrouver !

Il prend le cartable de Aziza alors que leurs voisins les rejoignent.

- Vous l’avez trouvée ?

- Non, la petite a paniqué en voyant les malfrats que la police a arrêté, leur apprend Saïd. On va voir la police. Peut-être qu’ils vont nous aider ?

- Allez les voir ! leur dit leur voisin. Nous, de notre côté, on va demander de l’aide aux autres ! On va passer le quartier au peigne fin et même aller plus loin.
Saïd remet le cartable à Dalila.

- On doit garder espoir ! Rentre à la maison. Les enfants vont s’inquiéter et ils auront besoin de toi, lui dit-il. Je t’appellerai tout à l’heure !

- Je ne me sens pas la force de marcher, murmure-t-elle, complètement abattue. J’ai peur. Je crois qu’elle est perdue. Qu’on ne la retrouvera jamais !

- Tu dramatises pour rien ! la sermonne son mari. Elle peut être à quelques rues d’ici ! allez, rentre à la maison.

Il a la présence d’esprit d’arrêter un taxi pour elle. Leurs voisins poursuivent les recherches alors qu’il se rend au commissariat. Là, un policier le dirige vers un inspecteur. Il lui explique la raison de sa présence.

- Aziza a eu peur. Elle est partie en courant, elle ne connaît pas le quartier. Il faut qu’on la retrouve. Voilà, sa photo !

- Pourquoi vous ne dites pas ma fille ? Elle est née du précédent mariage de votre femme ?

- Non, non… On est sa famille d’accueil. Il y a quelques mois, elle a perdu toute sa famille lors d’un massacre, dit Saïd. On l’a prise chez nous et on s’est attaché à elle. Je vous en prie, aidez-nous ! Faites quelque chose ! Dans quelques heures, il fera nuit ! Je ne veux pas qu’il lui arrive malheur !

- Bien, bien, dit l’inspecteur en saisissant la photo. Je vais signaler aux patrouilles sa description. Comment est elle habillée ?

- Un jean noir, un pull rose, sous un gilet noir, sans manche, répond Saïd. Elle porte des baskets.

- Bien. Donnez moi votre adresse et votre numéro de téléphone !

Saïd le remercie. Il donne ses renseignements puis comme le lui conseille l’inspecteur, il rentre chez lui. Dalila surveillait son arrivée. Les enfants les rejoignent tenant à avoir des nouvelles.

- Alors ? que t’ont-ils dit ? Est-ce qu’ils vont rechercher avec nous ?

- L’inspecteur me l’a promis. Les policiers en patrouille ont sa description et s’il y a quoi que ce soit, ils viendront. Ils ont notre numéro et notre adresse. Bon, je vais rejoindre les autres.

Dalila voudrait se joindre à eux mais il refuse. Il repart poursuivre les recherches avec leurs voisins. Deux patrouilles de police se sont jointes à eux mais la fillette demeure introuvable. Le temps a vite filé. La nuit tombe. Les voisins sont rentrés chez eux, déçus et peinés. Les patrouilles de police ont confié à leurs collègues devant assurer la relève la recherche de Aziza. Saïd reste dehors. Il n’a pas le courage de rentrer affronter la peine de sa femme. Quand il imagine Aziza en train de traîner dehors, à cette heure de la nuit, en proie à tous les dangers, il n’y a pas que Dalila qui a manqué à son devoir. Lui aussi a sa part de responsabilité. Tout comme sa femme, il culpabilise.


(à suivre ..)
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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:20

RÉSUMÉ : Le mendiant a raconté pourquoi Aziza a paniqué. Saïd va voir la police pour lui demander de l’aide. Il remet sa photo et décrit ses vêtements. La police donne son signalement aux patrouilles. Saïd se sent tout aussi mal que sa femme.

-17-


-Q u’est-ce que tu fais là, petite ? demande une vieille sans domicile fixe. Tu n’as pas peur de traîner dehors en pleine nuit ?
Elle se redresse du coin où elle est étendue sur des cartons. Aziza sursaute et en la voyant repousser sa couverture, elle s’enfuit. Elle court et en constatant qu’elle est assez loin d’elle, elle s’arrête le souffle court. Elle est fatiguée. Ses jambes lui font mal. Elle a tant marché. Elle ignore où elle est mais elle sait qu’elle est passée par plusieurs quartiers.

Elle cherche un petit coin sombre où s’accroupir, le temps de reprendre son souffle. Elle ferme son gilet et se fait aussi petite qu’elle peut. Elle a trouvé un petit coin, entre les voitures garées devant un immeuble. Personne ne pourra la voir. Elle a bien regardé avant. À part, la vieille, la ruelle semble déserte.
Elle ne dort pas. Elle a trop peur pour se laisser aller. Depuis sa sortie de classe, lorsqu’elle a aperçu la police en train d’arrêter les deux voleurs, barbus et l’air mauvais, elle a trouvé qu’ils ressemblent étrangement à ceux qui étaient entrés chez ses grands-parents. En croisant le regard de l’un d’eux, elle a eu une peur bleue et elle a pris ses jambes à son cou. Elle a couru, couru sans se retourner et sans s’arrêter. Dès qu’elle s’est sentie assez loin, en sécurité, elle a regardé derrière elle. Ce geste lui a coûté puisqu’elle a trébuché et dans sa chute, elle s’est fait mal à la main.

Elle éprouve une douleur chaque fois qu’elle veut la fermer. Elle pense à se rendre à l’hôpital, elle sait qu’elle a besoin de soin. Elle attendra le lever du jour pour s’y rendre. Elle espère seulement qu’elle ne croisera pas de policiers. Durant l’après-midi, elle a vu plusieurs voiture de patrouille de police. Elle se doute bien qu’ils sont à sa recherche mais elle ne veut pas aller au commissariat et revoir les voleurs. Chaque fois qu’elle croise un homme barbu, elle ne peut s’empêcher de penser au bourreau qui a égorgé toute sa famille, leurs voisins…

Alors, chaque fois qu’elle voit une voiture de police ou un agent en tenue, elle s’est vite cachée. Même maintenant, de sa cachette, elle voie bien les agents scruter les alentours. Elle est rassurée, ils ne peuvent pas l’apercevoir. Même si le chauffeur roule doucement. Durant la nuit, ils passeront trois fois près d’elle. Ils ne peuvent pas s’imaginer qu’elle ne tient pas à rentrer avec eux. Elle pense à sa famille d’accueil qui doit être morte d’inquiétude. Si elle avait leur numéro, elle les aurait appelés pour les rassurer…
La petite fille garde longtemps les yeux ouverts mais malgré toute sa volonté à rester éveillée, elle finit par s’endormir. Combien de temps, elle l’ignore. C’est une poigne ferme d’homme énervé qui la tire brusquement des bras de Morphée.
- Qu’est-ce que tu fais là ?
- Rien…
Il constate que c’est une fille et il ne la lâche pas.
- Où habites-tu ? Tes parents doivent être morts d’inquiétude ! Pourquoi as-tu passé la nuit dehors ?
- Mes parents sont morts, répond-elle. Lâchez-moi !
- Non, je vais t’emmener au commissariat ! Il doit bien y avoir quelqu’un qui te cherche, dit l’inconnu en ouvrant la portière de la voiture. Allez monte !
Aziza lui montre sa main enflée.
- Emmenez-moi d’abord, à l’hôpital ! le prie-t-elle. J’ai très mal…
Il accepte. Mais il est décidé à ne pas la laisser une seconde seule se doutant bien qu’elle voudrait s’enfuir.

(A suivre...)
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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:21

RéSUMé : Aziza passe la nuit dans un coin sombre. Elle est fatiguée et mal dans sa tête. En tombant, elle s’est fait mal à la main. Elle a bien vu les patrouilles de police et elle s’est cachée, refusant d’aller au commissariat où les terroristes ont été emmenés. Elle est réveillée par un inconnu qui n’hésite pas à l’emmener aux urgences pour qu’elle soit soignée…

-18-


-Tu as là une belle fracture ! dit le médecin après avoir vu la radio. Un plâtre pendant un mois et elle se rétablira ! Votre nom, monsieur !
L’inconnu qui l’a conduite aux urgences répond au prénom de Boualem. Il lui apprend qu’il l’a trouvée.
- Elle n’est pas ma fille ! J’ignore tout d’elle, dit-il au médecin. Comment t’appelles-tu ?
- Aziza…
- Ton nom de famille ? Où habites-tu ?
- Je n’ai plus de famille, répond la fillette. Et j’habite la rue.
- Ce n’est pas possible ! Une enfant de cet âge à la rue ! s’écrie le médecin. Où sont tes
parents ?
- Ils sont morts, réplique-t-elle en se fâchant. Vous oubliez ma main ?
- Donne-nous des renseignements, la prie le médecin. C’est juste pour t’aider.
- Ma main, insiste-t-elle. J’ai mal !
Le médecin quitte son bureau et c’est lui qui plâtre l’avant-bras. Il lui donne aussi un comprimé pour calmer la douleur.
- Tu vas avoir besoin de repos. Et tu ne seras jamais mieux que chez toi, lui dit-il doucement, espérant qu’elle finirait par répondre à ses questions. Où étais-tu avant ?
- Chez des gens, répond-elle. Mais ils ne sont pas de ma famille !
- Le fait qu’ils t’aient prise chez eux prouvent que tu comptes à leurs yeux, insiste le médecin. Ils doivent être inquiets. Tu devrais retourner auprès d’eux, lui conseille-t-il. La rue, c’est invivable. Surtout pour une fille !
- Oui, je vais retourner chez eux, promet Aziza. Ils étaient gentils avec moi !
- Ce sera bien mieux pour toi, insiste-t-il. Tu sais, la rue est impitoyable. Tu pourrais être agressée… enlevée… Tu finiras mal si tu es dans la rue ! En retournant chez ta famille d’accueil, tu te donnes la chance d’avoir une vie paisible ! Tu iras à l’école, tu auras un métier plus tard. Plus tard, tu ne dépendras de personne !
- Oui, oui, j’ai compris, murmure-t-elle. Je vais retourner chez eux.
Le médecin est soulagé qu’elle ait accepté de l’écouter. Lorsqu’elle demande à se rendre aux toilettes, il la confie à une infirmière.


Celle-ci l’y emmène et comme on sollicite son aide, elle ne reste pas pour la raccompagner. Aziza en profite pour sortir de l’hôpital. Elle part en prenant soin de se mêler aux gens qui quittent l’hôpital. Ils ne sont pas nombreux, alors elle marche juste derrière eux. Comme si elle était avec eux. Elle soupire de soulagement lorsqu’elle dépasse le portail. Elle évite les regards des agents de sécurité qu’elle croise.
Elle quitte ce coin du quartier ne voulant pas que Boualem, le bienfaiteur malgré lui, réussisse à la rattraper.

Comme la veille, elle marche longtemps, même si elle est fatiguée, même si elle a faim. Et c’est la faim qui la pousse à entrer dans une gargote.
- S’il vous plaît, murmure-t-elle au vendeur, en tendant la main, un bout de pain et un verre d’eau…
- Allez, file d’ici ou je te donne une raclée !
Aziza n’insiste pas et sort de la gargote. Elle va s’asseoir un peu plus loin, tout près des épiceries. À la vue des agents de police venant dans sa direction, elle hésite à s’enfuir. Elle se demande si elle n’aurait pas mieux fait de suivre les conseils du médecin…

(À suivre)
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:23

Résumé : Aziza a une fracture au poignet. Le médecin le lui plâtre. Ses questions énervent la fillette et après être allée aux toilettes, elle réussit à s’enfuir. Elle marche longtemps. La faim la pousse à tendre la main dans une gargote où on la renvoie. Elle se demande si elle n’aurait pas mieux fait d’écouter les conseils du médecin…


-19-



Aziza s’est levée, prête à leur adresser la parole, s’ils ne le faisaient pas. Les agents de police passent devant elle. Elle devine qu’ils ont un but précis. Elle regarde dans la même direction qu’eux. Un jeune s’est retourné et en les apercevant il se met à courir. Les policiers le poursuivent et ils se jettent sur lui. Elle recule.

Une fourgonnette s’arrête un peu plus loin et ils montent tous. Aziza voit là, son dernier espoir de rentrer à la maison. Pour la première fois, elle réalise que sa famille d’accueil avait voulu lui donner ce qu’elle a perdu. Elle est restée chez eux quelques mois. Maintenant elle est seule, elle a faim et il n’y a plus personne pour s’occuper d’elle. Pour demander après elle…

Aziza reprend son chemin, le bras alourdi par le plâtre, l’allure ralentie par la fatigue. Le cœur gros, elle a conscience de ne pas avoir bien agi, en se cachant de la police qui tentait de la retrouver. Elle voudrait rentrer mais elle ne sait pas comment. Et puis, elle se dit qu’ils doivent être fâchés après elle.

- Non, je ne peux pas retourner là bas, se dit elle. Ma place n’est plus parmi eux.

Aziza n’a pas le courage de s’adresser aux policiers qu’elle croisera plus tard. Une fois la nuit tombée, elle reste à proximité des restaurants. Elle se doute bien qu’à la fermeture, ils jetteront les restes à la poubelle. Et c’est là qu’elle trouvera de quoi dîner.

Durant les jours, les semaines qui suivent, la fillette passe ses nuits dehors, dormant toujours dans les coins déserts, même s’il lui faut rester recroquevillée. Elle est souvent tentée de dormir sur un banc ou devant une boutique, sur un carton mais la peur l’en empêche.

Elle enlève son plâtre toute seule. Elle n’ose pas entrer dans un hôpital. Elle est sale. Aziza se lave rarement. Ce n’est pas l’envie qui manque mais aucune des caissières des bains maures n’a accepté de la laisser entrer.

En plus de ne pas avoir de quoi payer, elle n’a pas d’habits de rechange.

Alors, un jour au risque de se faire prendre, elle vole des habits au marché. Elle s’est enfuie et le marchant n’a pas pu la rattraper car il y avait beaucoup de monde.

Avec un bout de verre brisé, elle se coupe les cheveux. Après avoir repéré une conduite d’où s’échappe de l’eau, heureuse que les propriétaires n’aient pas pu la réparer, elle en profite pour se laver et se changer. Les habits de garçon qu’elle porte, la transforment. Elle ne se reconnaît presque pas lorsqu’elle se regarde dans le rétroviseur d’une voiture garée non loin de là. Elle ressemble à un garçon. Le résultat lui plaît. Elle n’a plus à s’en faire. Maintenant, elle pourra attendre aux arrêts de bus, derrière les restaurants. Si les voyous et les SDF la voient ainsi, ils la prendront pour un garçon. Elle aura ainsi la paix pendant les mois et les six années qui suivent.

Pendant tout ce temps, elle vivra en travaillant au marché et dormant là où elle se sent en sécurité. Le peu d’argent gagné lui a permis de se nourrir et de s’habiller. La fillette est devenue avec le temps, un adolescent frêle. Mais nerveux…

Pour s’affirmer et avoir la paix, Aziza, devenue Zizou malgré elle, s’est souvent servie de ses poings. Presque chaque jour, elle prenait un air mauvais pour dissuader ceux qui auraient l’idée de l’approcher. Avec sa mine renfrognée, les cheveux qui lui couvrent le visage en partie, lorsqu’elle n’a pas eu l’occasion de se laver, elle ressemblait à un fou.

Seulement, elle a toujours un sac contenant ses affaires sur l’épaule. Les voyous étaient parfois tentés de la voler et comme les nuits sont longues, elle dort avec un couteau, dans la main. Et son sac, contre sa poitrine…




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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:24

RÉSUMÉ : La fillette voudrait bien rentrer mais elle ne sait pas comment faire. Elle vit dans la rue, dormant, dans les coins sombres, mangeant les restes jetés dans les poubelles. Elle est contrainte à voler des habits au marché. Elle a pris l’allure d’un garçon et les jours où elle n’a pas pu travailler et qu’elle est sale, elle ressemble à un fou. La nuit, elle dort avec un couteau dans la main…


-20-



En fait, même si les nuits sont longues, Aziza ne dort pas beaucoup. Juste des petits quarts d’heure. Car il n’y a pas de sécurité. Les autres SDF peuvent s’en prendre à elle. En fait, si elle garde son sac contre sa poitrine et non sous sa tête, en guise d’oreiller, c’est pour ne pas être découverte.

Si les autres croient qu’elle tient à ce qu’on ne la vole pas, en réalité, elle craint que si l’un d’eux pose les mains sur elle, si ils s’y prennent à plusieurs pour la maîtriser, il ne s’aperçoit qu’elle n’est pas un garçon.
Cette découverte risque de faire de sa vie un enfer. Il ne lui est pas facile de vivre dans la rue, en étant un garçon. Alors si la nouvelle fait le tour des rues, il ne passera pas un jour ou une nuit sans qu’elle ne soit agressée et violée.

Rien qu’à cette idée, l’envie de dormir lui passe. La fatigue l’a rendue nerveuse et agressive. Si nerveuse qu’un jour, elle s’accroche avec un vieux devenu trop collant, à son goût, aux arrêts de bus. S’ensuit une bagarre qui aurait pu mal finir si des passants ne les avaient pas séparés à temps.

- Calme-toi, garçon !

Aziza est emmenée loin du vieux. Un passant, la soixantaine, au visage sympathique, ne veut pas la lâcher tout de suite. Il voit bien dans son regard qu’elle n’a pas l’intention d’abandonner.

- Il est plus fort que toi. Sois raisonnable et suis-moi ! Je t’invite à prendre un café, lui propose-t-il. Mais avant, promets que si je te lâche, tu ne tenteras pas de lui régler son compte !

- Il voulait me voler ! réplique-t-elle, l’air mauvais et toujours furieuse. Vous auriez dû me laisser lui donner une leçon !

- Laisse-le. Un jour, il tombera sur une brute et il n’y aura personne pour s’interposer entre eux ! dit l’inconnu, la main serrant encore son bras. Alors, tu viens au café ?

Aziza hoche la tête et ils doivent marcher une centaine de mètres avant d’entrer dans le premier café sur leur chemin. Ils s’attablent à la terrasse.

- Café ? Ou lait ?

- Du lait et un gâteau, dit-elle. Puisque c’est vous invitez

- Oui !

Un serveur vient à eux et repart apporter leur commande. Aziza mange avec appétit sous le regard de l’inconnu qui attend qu’elle ait repris son souffle pour lui demander :

- Comment t’appelles-tu ?

- Zizou, répond-elle, en le regardant du coin de l’œil.

- Moi, c’est Abderrahman, dit l’inconnu en tendant la main.

Aziza consent à la serrer.

- Vous avez une main de fille, remarque-t-il. Fine…

- Et un fort coup de poing ! réplique-t-elle. Vous voulez le sentir ?

- Non, non… À votre apparence négligée, dit-il. J’en conclus que vous vivez dans la rue !

- Bien vu…

- J’ai envie de faire une bonne action, poursuit il, pensif. Est-ce que vous voulez travailler ?

Aziza-Zizou a un sourire au coin de la bouche.

- Dites toujours !

- J’ai une station-service, lui apprend-il. Il y a beaucoup de travail. Je vous propose un travail à plein temps. Vous serez même nourri et logé.

- Logé ? reprend-elle. Mais à une condition, je veux loger seul et disposer d’un minimum de confort. Alors, vous acceptez ?

Aziza a conscience d’en avoir trop demandé. Mais dans sa situation, elle n’a pas le choix. C’est tout ou rien. Si Abderrahman veut faire une bonne action et même sauver une vie, sans même le savoir, elle vient de lui en donner l’occasion. Enfin, s’il est d’accord…



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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:27

RÉSUMÉ : Un jour, elle s’accroche avec un vieux et cela aurait pu mal finir si des passants n’étaient pas intervenus. Abderrahman l’invite à déjeuner. Les souvenirs d’une enfance malheureuse le poussent à lui proposer du travail. Aziza-Zizou a des conditions.



-21-




Surpris, n’est-ce pas ? lui dit-elle, en remarquant que Abderrahman est resté silencieux. Vous êtes surpris par mon audace ?

- Non, c’est bien, répond-il. Je suis d’accord !

- C’est vrai ?

- Oui et si vous le voulez puisque vous n’avez pas où vivre, poursuit-il, ni de quoi même vous payer un café, pourquoi ne pas commencer dès demain ?

Aziza-Zizou le regarde un moment avant de sourire et de tendre la main.

- D’accord, répond-elle, alors qu’ils échangent une poignée de mains.

- Je peux vous tutoyer ?

- Oui.

- Dès que tu as fini, je t’emmène à la station-service, dit-il. C’est en dehors de la ville mais on est bien situé, ajoute-t-il. Les clients ne manquent pas. Tu auras rarement le temps de te reposer !

- Le travail ne me fait pas peur, répond-elle avant de boire son lait jusqu’à la dernière goutte. J’ai fini, on peut y aller !

- On n’a pas parlé de salaire, lui rappelle-t-il.

- Peu importe, puisque je suis nourri et logé !

Abderrahman règle les consommations et ensuite ils se rendent dans un parking assez retiré. Aziza ne l’y suit pas. Elle l’attend à la sortie. Elle garde son couteau dans sa poche au cas où il l’agresserait. Elle hésite au fond de son cœur à lui accorder sa confiance. S’il s’agit d’un pervers ou d’un homosexuel, elle lui fera passer l’envie. Elle doute encore que dans ce bas monde, il puisse encore exister des hommes et des femmes qui veulent répandre le bien autour d’eux.

Mais si Abderrahman est de ce lot, c’est son jour de chance.

- Allez, monte, ma femme nous attend pour le déjeuner, dit-il en ouvrant la portière. Je lui ai demandé de mettre un couvert de plus !

- C’est gentil ! Vous n’auriez pas dû !

- À partir de maintenant, tu ne me dis plus vous, lui demande Abderrahman tout en se concentrant sur la conduite. Je ne suis pas si vieux que ça !

- C’est bon ! Tu peux compter sur moi ! J’ai un appétit de loup, dit-elle avant de s’enfermer dans un silence, la main toujours sur son couteau, refusant de croire à sa chance. Est-ce que vous êtes tout le temps, bon ?

- Tu, rectifie-t-il, prenant un air très grave avant de répondre à sa question. J’en ai vu de toutes les couleurs dans ma jeunesse…Tu ne seras pas le premier à qui je viens en aide !

- Alors, vous êtes quelqu’un de bon ! conclut Aziza-Zizou, un peu rassurée par son ton sincère.

Lorsqu’ils arrivent à la station-service, elle regarde, impressionnée par sa grandeur. En plus des services proposés, il y a un hôtel, un restaurant, des épiceries et même des boutiques. Abderrahman possède aussi un magasin de pièces détachées. Neuves et d’occasion.

- Toi, tu n’auras pas à travailler à la pompe. Si tu t’y connais en pièces détachées, tu pourrais tenir le magasin tout en gardant un œil sur les autres employés.

- Hélas, je ne connais rien en pièces mais je promets d’apprendre, dit Aziza-Zizou. Les premiers temps, je travaillerais à la pompe !
- Bien, réplique Abderrahman. Tu vois, tu ne manqueras de rien ici. Viens, je vais te montrer ta chambre…

Elle se situe derrière le magasin de pièces détachées. Elle est spacieuse et bien aménagée. Il y a un coin salon, un canapé, une télévision. Le coin chambre a un lit spacieux et un grand coffre en guise de garde-robes, une minuscule salle de bains. Aziza-Zizou s’approche de la fenêtre qui donne sur la station. On peut voir les voitures arriver. Elle s’assoit sur le lit, prise d’une envie de pleurer.

- Bon, je te laisse te rendre présentable, dit Abderrahman. Dès que tu es prêt, rejoins-moi au magasin !

- Merci, lui dit-elle. Merci de me sortir de la rue !

Il n’en a pas conscience mais il vient de lui sauver la vie…





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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:30

RÉSUMÉ : Abderrahman accepte ses conditions, à la surprise de Aziza. Il l’emmène à la station-service et lui montre sa chambre à l’arrière d’un magasin. Aziza se rend présentable. Elle a conscience qu’il vient de lui sauver la vie…

-22-


- Houria ! crie Abderrahman en invitant Aziza-Zizou à entrer dans le salon. Zizou est ici…
- J’arrive…
Aziza-Zizou attend que son patron l’invite à s’asseoir. Sa femme, petite et ronde, entre dans le salon. Elle a un sourire en la voyant.
- Sois le bienvenu, mon garçon ! Moi, c’est Houria, dit-elle en tendant la main. Et toi, tu es le nouvel employé ?
Elles échangent une poignée de mains. Aziza-Zizou s’assoie en face de son patron.
- Si on ne passe pas à table, maintenant, tu pourrais nous servir une limonade ?
- Le déjeuner est prêt, répond-elle. Vous pouvez passer à table…

Aziza-Zizou suit Abderrahman dans une autre pièce, la salle-à-manger qui donne sur un salon. Elle a l’impression de rêver. Depuis qu’elle s’est accrochée avec ce vieux, la chance semble lui sourire. L’intervention de Abderrahman, sa proposition en or, tout cela n’est pas arrivé par hasard. Si la chance ne s’est pas intéressée à son cas, elle serait encore en train de chercher un coin tranquille et de fouiller dans les poubelles pour se nourrir. Apparemment, la chance a eu pitié d’elle.

- Sers-toi Zizou, lui dit-il. Et bon appétit !
Aziza-Zizou mange de tout et avec appétit. Il y a si longtemps qu’elle n’a pas mangé de si bons plats chauds.
- Tu devrais y aller doucement, lui conseille Abderrahman. Tu pourrais avoir une indigestion ! Va marcher un peu...
- Oui, vous avez raison, dit Aziza-Zizou en se levant. Je vais me familiariser avec le quartier…
Alors qu’elle s’apprête à quitter la table, il lui demande d’attendre.
- Houria !
Sa femme les rejoint.
- Que manque-t-il dans la chambre de l’arrière-boutique ?
- Du magasin ? Oh, rien… Je lui apporterais le nécessaire tout à l’heure, répond-elle. Mais tu devrais lui donner une avance, il a besoin d’une tenue de travail et je ne sais quoi encore !
Abderrahman sort quelques billets et les donne à Aziza-Zizou.
- C’est trop, dit-elle. La moitié devrait suffire !
- Tu me rendras la monnaie, réplique Abderrahman. Allez, bon vent !

Aziza-Zizou ne tarde pas à quitter la maison. Pour la première fois depuis qu’elle s’est retrouvée livrée à la rue, elle ressent de la joie. Un regard vers le magasin de pièces l’aide à réaliser qu’à partir de ce soir, elle ne dormira plus sur un carton, dans un coin, avec la peur au ventre mais dans une chambre bien à elle.
- Mon Dieu, donnez-moi la force de ne jamais me trahir !
Personne ne doit se douter qu’elle est une jeune fille. Son allure trompe l’œil et elle devra rester distante et ferme avec ses collègues. Ils sont nombreux. Alors qu’elle traverse la station-service, elle entend les commentaires.
- C’est lui, le nouveau !
- On dirait une fille manquée, ajoute un autre. Qu’est-ce qu’il pourra faire de plus que nous ?
- Le patron est aveugle ou quoi ? Regarde ses mains ! Elles sont trop fines pour résister au travail et au cambouis !
Aziza-Zizou, piquée, se tourne vers eux, les sourcils froncés, prête à aller vers eux s’ils la regardent. Mais ils baissent les yeux et se détournent, sentant “qu’il” est bagarreur ! Elle soupire de soulagement.
Elle aurait été tournée en ridicule si elle avait eu à les affronter. Et puis, son patron ne l’aurait pas vu d’un bon œil. Il pourrait même revenir sur sa décision. Non, elle ne veut pas jouer avec sa chance. Personne ne peut le savoir…

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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:33

RÉSUMÉ : Aziza déjeune chez son futur patron. Sa femme lui demande de lui avancer de l’argent. Aziza en a grandement besoin. Elle doit soigner son apparence, tout en gardant son allure de garçon. Tous remarquent sa féminité…

-23-


Aziza dite Zizou, lors de ses achats, doit se contenter de vêtements de jeunes garçons. Elle achète une combinaison bleue et une salopette de la même couleur. Deux survêtements larges, une casquette et des dessous masculins. Elle choisit aussi une grande et large bande élastique. En plus des accessoires de toilette. Elle a le sentiment de revivre. Pour la première fois depuis des années, elle allait pouvoir s’habiller de neuf et être propre. Elle a conscience qu’elle ne devra rien négliger. Un rien peut la trahir.

Dès qu’elle rentre, elle pose la bande sur sa poitrine et serre jusqu’à ce qu’elle ne soit plus apparente. Elle a de la chance, dame nature n’a pas été généreuse avec elle. Sa poitrine est petite.
Lorsqu’elle met son survêtement, elle se regarde dans la glace. Son reflet est satisfaisant. Elle flotte un peu, dans sa tenue sportive mais c’est l’unique moyen pour que ses formes ne la trahissent pas.
Elle retient ses cheveux à l’arrière, en laissant quelques mèches tombées sur ses yeux et ses joues. Quand elle sort de la chambre, elle tombe sur le vendeur qu’elle n’a pas vu auparavant.
- Salut ! dit-elle entre les dents.
- Salut ! C’est toi Zizou, le nouveau ?
- Oui.
Le vendeur, proche de la quarantaine, bien habillé, s’occupe à ranger les pièces neuves. Il s’arrête quand elle arrive à sa hauteur.
- Le patron m’a dit de t’apprendre le nom des pièces et leur utilité, ajoute-t-il. Tu veux qu’on commence maintenant ?
- Non, réplique-t-elle. Je servirais à la pompe, les premiers temps. Après, on verra ! Continue ton travail, je ne veux surtout pas te déranger !
- J’ai l’habitude d’avoir de la compagnie, rétorque le vendeur avant de s’excuser. Moi, c’est Akli !
Ils échangent une poignée de mains et comme tous les autres, il remarque la finesse de sa main.
- Oui, je sais, dit-elle, le devançant, prenant un air déçu, j’ai des mains de fille.
- Je jurerais que t’en es une, insiste Akli. Même ta voix, elle est trop douce !
En ayant vécu dans la rue, si longtemps, Aziza a souvent eu recours, non seulement à ses poings mais aussi à la réplique vulgaire. On ne lui laissait pas le choix. Elle doit être un jeune homme, quoi qu’il lui en coûte.
- T’aurais été une femme que je t’aurais prouvé le contraire !
- Hé du calme ! J’ai seulement dit que ta voix est douce et fille ou pas, je m’en balance ! Laisse-moi travailler ! File d’ici !
- Je pars parce que j’en ai envie ! Ne t’avise plus à me chercher ! lui dit-elle, sur un ton qu’elle se veut menaçant. Tu pourrais le regretter !
Elle met sa casquette et sort du magasin.

Dehors, elle tombe sur Abderrahman qui rentre en voiture. Une fille de douze ou treize ans en descend.
- Kamélia, je te présente Zizou… Il est nouveau ici, dit Abderrahman. Et il logera ici !
- Bonjour !
Aziza-Zizou répond au salut et alors qu’elle rentre à la maison son père s’approche de lui.
- Je voudrais que tu gardes un œil sur elle, lui demande-t-il, les fois où je serais absent ! C’est mon unique enfant… Aziza le lui promet. Elle gardera un œil sur Kamélia, sa femme, la maison. Elle fera tout ce qu’il voudra. Elle lui doit bien ça. Elle veut lui prouver qu’il peut compter sur elle. Enfin, sur lui…

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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:34

Résumé : Aziza achète des vêtements de garçon. Elle passe une bande pour dissimuler sa poitrine naissante. Elle porte une casquette et un survêtement. Akli, qui tient le magasin, lui parle de sa féminité. Aziza le remet vite à sa place. Abderrahman lui demande de garder un œil sur sa famille et sur la station en son absence…

-24-


-Tu ne fumes pas ?
- Non, répond Aziza-Zizou. Pourquoi ?
- Ce n’est pas normal… Est-ce que tu chiques ?
- Non.
- Comme ça, insiste Akli. Est-ce que tu bois ?
- Non, réplique Aziza-Zizou, exaspérée. Pourquoi toutes ces questions ? Pourquoi veux-tu savoir ?
Akli, tout en rangeant les pièces détachées, la regarde.
- Ici, on se pose tous des questions, répond-il. Pourquoi tu ne te joins pas aux autres employés après le service ? Après la fermeture de la station ?
- Pourquoi me joindre à eux ? réplique-t-elle. On est toute la journée ensemble ! Moi, après mon boulot, j’aspire à me détendre en face d’un bon film !
- C’est bizarre ! Les garçons de ton âge sortent et ont des petites amies, insiste le vendeur. Toi, tu sembles t’être retiré de la vie !
- Il n’y a rien de mal à vivre tranquille ! À ne pas s’empoisonner les poumons avec de la fumée… À ne pas se saouler dans les bars, dit-elle. Ou à se pourrir les dents avec de la chique ! Quant aux filles, je veux en connaître qu’une seule et ce sera celle qui deviendra ma femme, ma partenaire pour la vie…
Akli se met à rire, agaçant Aziza-Zizou au plus haut point. Cela fait des mois “qu’il” est avec eux et ils n’ont rien trouvé à redire sur son travail.
Seulement, le fait qu’il ne veuille pas se joindre à eux après le travail et qu’il mène une vie tranquille les laisse perplexes. Ils ne l’ont jamais entendu tenir des propos personnels. Ils sont presque jaloux de lui.
Le patron ne jure que par lui. Il lui fait absolument confiance. Et si avant, ils ne le voyaient qu’à de rares occasions, maintenant quand il a un moment libre, il le passe avec Zizou. Ce dernier mange au restaurant avec eux, refusant les invitations du patron, à se joindre à lui.
- Elle en aura de la chance, poursuit Akli. Même s’il y a du bon dans ta façon de vivre, elle va vite se lasser. Tu ne reçois personne, tu ne t’absentes jamais. Peux-tu me dire pourquoi tu nous donnes l’impression que ta famille est cette station-service ? Et la famille du patron…
Aziza-Zizou hausse l’épaule. Elle ne voit pas les choses comme lui, comme eux. Depuis qu’on lui a donné la chance de vivre de la sueur de son front, depuis qu’elle a où loger, elle s’efforce d’être les yeux et le bras droit de son patron. Elle garde un œil protecteur sur sa famille. À ses yeux, il est en droit d’attendre le meilleur d’elle. Elle lui est reconnaissante de l’avoir sauvée de la rue. Chaque nuit, lorsqu’elle ne parvient pas à s’endormir, elle se demande où elle aurait été si Abderrahman n’avait pas eu l’idée de lui tendre la main. Si ses collègues la trouvent étrange, elle peut expliquer pourquoi en partie.
- Je n’ai qu’eux, dit-elle à Akli. J’ai perdu toute ma famille et tout ce qu’on avait. C’est normal que je leur prouve ma reconnaissance, non ?
- Toute ta famille ! s’écrie ce dernier. Comment ?
Brusquement, la question réveille de douloureux souvenirs en elle.
Elle devient livide. Akli pose un bras lorsqu’elle se détourne.
- Zizou, c’était si terrible que ça ?
- Oui…
Et ne voulant pas répondre aux autres questions qu’il risquait de poser, Aziza-Zizou repousse sa main et va s’enfermer dans sa chambre.
Elle éprouve le besoin d’être seule. Pour pleurer sa famille, tout ce qu’elle a perdu. Jusqu’à sa propre identité…

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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:35

RÉSUMÉ : Tout comme Akli, les employés se posent des questions. Zizou ne boit pas, ne chique pas. En plus, il est sérieux, trop sérieux. Ils n’ont rien à lui reprocher. Ils en sont presque jaloux. Leur patron est très ami avec lui. Aziza-Zizou est devenue son bras droit et ses yeux. Elle se donne à fond, tenant à prouver sa reconnaissance. Elle n’a pas de vie en dehors de la station-service…

-25-


Aziza Zizou doit se surveiller. Chaque matin, elle enserre sa poitrine dans la bande élastique. Elle porte toujours des vêtements larges, une casquette sur ses cheveux lâchés. Personne ne doit se douter qu’elle est une jeune fille. Si ces collègues le découvrent, elle perdra son travail, sa chambre. Et elle ne connaîtra plus la paix.
La paix intérieure, elle ne l’a jamais connue. À chaque fois qu’aux infos, ils parlent de terrorisme, des victimes qui meurent chaque jour, des jeunes filles enlevées à leur famille, de celles qui sont violées, les souvenirs de sa mère, de ses tantes la plongent dans une tristesse indescriptible.
Personne alors n’ose lui parler. Ils respectent sa douleur. Abderrahman et sa famille partagent sa peine. Ils s’efforcent de parler avec lui, pour qu’il la dépasse. Ils se sont tous attachés à lui.
Si Abderrahman s’écoutait, le garçon qu’il a recueilli, vivrait chez lui. Mais sa femme n’est pas d’accord.
- Tu peux lui aménager une petite cuisine, mettre toutes les commodités que tu veux mais je ne veux pas de lui, ici ! C’est un jeune homme, notre fille commence à grandir, lui rappelle-t-elle. Sa présence risque de la perturber.
Abderrahman ne peut être que d’accord. Il n’insiste pas. Durant la semaine, il l’envoie loger dans un hôtel.
- Pourquoi ?
- La chambre a besoin d’être rafraîchie, répond le patron. On va mettre du papier peint sur les murs !
- Elle est bien comme ça ! dit Aziza-Zizou.
- Moi, je ne trouve pas, insiste Abderrahman, en le poussant vers sa voiture. Allez, monte, je t’emmène à l’hôtel où je t’ai loué une chambre !
- Je vais prendre mes affaires ! Je ne tarderais pas, promet-elle.
Elle va à sa chambre et elle s’empresse de ramasser ses affaires personnelles. Elle prend sa trousse de toilette et s’assure de ne pas laisser derrière elle des serviettes hygiéniques.
Elle rejoint son patron qui est déjà au volant de sa voiture. Elle prend place et il démarre aussitôt. L’hôtel n’est pas situé très loin et ils y arrivent en dix minutes. Le propriétaire de l’hôtel est un ami de Abderrahman et ce dernier l’a joint par téléphone. Il lui a bien laissé une chambre.
- Je l’ignore… J’aurais seulement besoin de sa pièce d’identité, dit le réceptionniste.
Aziza-Zizou n’en a pas. Son patron le sait.
- Ton patron est au courant, lui dit-il. Il accepte de nous louer une chambre pour la semaine…
- Peut-être ? Mais moi, je dois faire mon travail, insiste l’employé.
- Où est ton patron ? Appelle-le, il te confirmera, réplique Abderrahman.
L’employé tente de le joindre mais son portable est éteint. Il est désolé de refuser. Il ne peut pas louer de chambre dans ces conditions. Il peut s’agir d’un voleur, d’un criminel en fuite. Ou pire qu’il fasse partie d’un groupe de terroristes…
Abderrahman se met en colère. Mais l’employé est inflexible.
- Revenez plus tard, les prie-t-il. Je ne veux pas me retrouver au chômage ! Comprenez-moi…
Aziza-Zizou quitte la première, l’hôtel. Abderrahman la rejoint. Il vient de prendre une décision. Son protégé passera la semaine chez lui, même si cela n’enchante pas sa femme…


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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:40

RÉSUMÉ : Aziza-Zizou reste vigilante. Elle s’efforce de cacher sa féminité même si elle est criante aux yeux de tous. Abderrahman veut rendre sa chambre plus agréable. Aziza devait rester à l’hôtel mais le réceptionniste veut une pièce d’identité. Abderrahman l’emmène chez lui, même si cela n’enchante pas sa femme…

-26-


Mais il n’en fait qu’à sa tête, s’écrie Houria. Je lui avais dit non !
Kamélia lève la tête de ses bouquins et voit sa mère regarder dehors.
- Tu parles toute seule, maintenant, remarque-t-elle. Quelque chose ne va pas ?
- Hé comment ? rétorque Houria. Ton père s’est attaché à ce garçon et au lieu de l’emmener à l’hôtel, il le ramène à la maison !
- En quoi il peut te gêner ? Puisqu’il travaille de six heures du matin à vingt-deux heures, lui rappelle la jeune fille. Et puis, il ne va pas changer ses habitudes parce que papa l’a invité ici ! Au fait, pourquoi l’amène-t-il ici ?
- Il va refaire sa chambre et ajouter des commodités, répond Houria, alors qu’elles les entendent entrer. Parce que sa vie est ici, maintenant ! D’après ce que ton père sait, Zizou n’a plus de famille !
- Le pauvre !
Houria la gronde.
- Finis les bavardages ! Révise tes cours !
- Oui, maman…
Kamélia n’a pas le temps d’ajouter autre chose que son père appelle sa mère.
- J’arrive !
Le temps de reprendre sa respiration et d’afficher un sourire, Houria va au salon. Abderrahman et Zizou sont là. Zizou semble gêné. Elle le salut et lui souhaite la bienvenue.
- Prépare la chambre d’ami, lui dit-il. L’hôtel était plein. Il restera là le temps des travaux.
- Bien sûr, réplique-t-elle en tendant la main vers son sac pour le déposer dans la chambre d’ami.
- C’est bon, dit Zizou en s’accrochant au sac. Si vous le permettez, je voudrais me reposer un peu.
- Fais comme chez toi, répond Abderrahman. On se verra au dîner.
Houria le mène à l’étage. Elle a perdu son sourire. Aziza-Zizou remarque que sa présence ne la réjouit pas. Elle la comprend.
- Je me ferais tout petit, promet la jeune fille. Et je ne m’imposerais pas à votre table ! Soyez rassurée.
- Je ne veux pas que tu aies des contacts avec Kamélia, lui dit-elle, soulagée qu’il ait abordé le sujet. C’est notre fille, notre unique enfant. Mais tu ne peux pas comprendre !
- Si… Mettez-vous en tête, une fois pour toutes que je suis votre ange gardien ! Je garde un œil sur elle, sur vous, répond Aziza-Zizou. Par reconnaissance envers votre mari.
Abderrahman est bien le seul à lui accorder sa confiance. Alors qu’elle n’a aucune envie de dîner, il la force à dîner avec eux. Et après le dîner, il insiste pour discuter avec elle. Aziza-Zizou le voit fermer la porte du salon. Elle devine qu’ils vont avoir une discussion des plus sérieuses.
- Il est urgent que tu aies des papiers. Si tu veux, je t’accompagne dans ta région, propose Abderrahman. Tu as quel âge, maintenant ?
- Dix-huit ans, répond-elle. Pourquoi des papiers ?
- Pour que tu puisses passer ton permis de conduire, ouvrir un compte, cite le patron. Je ne serais pas toujours-là pour cacher ton argent ! À toi de le gérer. Quand veux-tu qu’on aille dans ta région natale ? Mais au fait, tu ne m’as jamais dit d’où tu venais !
- Je sais… Ce n’est pas une région fréquentable, réplique-t-elle. Même le jour…


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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:41

RéSUMÉ : Houria a remarqué l’attachement de son mari à ce garçon qu’il a pris sous sa tutelle. Elle ne se montre pas chaleureuse avec Aziza-Zizou. Celle-ci a une conversation avec elle pour la rassurer. Elle la comprend. Ce soir-là, Abderrahman lui parle d’aller dans sa région natale, Aziza-Zizou a besoin de papiers…


-27-


Aziza sait qu’elle devra retourner à son village natal. Dans la maison de ses grands-parents, il doit bien y avoir un livret de famille. Elle ne peut pas faire de papiers sans livret. Et elle a besoin de papiers. Si Abderrahman l’accompagne, il découvrira qu’elle n’est pas le jeune homme qu’elle prétend depuis des années.

Elle pense à s’y rendre seule. Seulement elle ignore comment faire. à moins de prendre l’identité de son défunt frère dont elle est l’aînée de deux années. Comment expliquer à l’agent de la marie, qu’il y a eu erreur ? Que c’est sa sœur qui a trouvé la mort et non “lui” ? Même si elle doit affronter ces questions et celles de la police, car elle se doute bien qu’ils feront une enquête. À moins de déterrer sa famille pour vérifier qu’“il” dit vrai. Mais pourquoi leur mentirait-il ? Pourquoi mettraient-ils sa parole en doute ?
Personne ne peut se douter de sa vraie identité. Elle se fait passer pour un garçon depuis qu’elle s’est retrouvée à la rue. Une fille n’y aurait pas survécu. Et si, par malheur, elle s’y retrouve un jour, elle doute d’y faire long feu.

Alors que sa chambre est devenue un chantier, elle profite de sa journée de libre pour se rendre au village. Seule… C’est la première fois. Après six années d’abandon, personne n’ose s’y rendre. Aziza-Zizou est bien déçue. Les taxis refusent de l’y emmener. Elle doit louer un taxi clandestin au prix fort. Il a aussi ces conditions.

- S’il y a quoi que ce soit de suspect, je fais demi-tour, la prévient-il. Et si on arrive là-bas sains et saufs, on n’y restera pas plus de cinq minutes !

- On ne tardera pas, promet-elle en prenant place, près de lui. Je dois juste récupérer quelque chose !

- Chose ou pas, je ne crois pas que ce soit une bonne idée, poursuit le clandestin. Je commence à regretter d’avoir accepté…

- Je vous en prie ! On ne tardera pas, promet-elle de nouveau. Juste le temps…

- Qui me dit que vous n’êtes pas un des leurs ! Pourquoi vous n’enlevez pas cette casquette et ces cheveux qui vous cachent ? l’interroge le taxi clandestin, hésitant encore à démarrer. Peut-être que vous êtes recherché ?

- Pour quelqu’un qui a peur, vous posez beaucoup de questions, rétorque Aziza-Zizou en retirant sa casquette et en dégageant son visage. Satisfait ?

L’homme la dévisage puis démarre. Il lui fait une réflexion qui ne lui est pas étrangère. Elle l’a entendue tant de fois.

- Tu as un visage imberbe ! Tu es un garçon ou une fille ?

- Une fille n’oserait pas s’aventurer jusqu’ici, réplique-t-elle, le visage fermé, tout en dévoilant le couteau qu’elle porte à la ceinture. Ça, c’est pour ceux qui en douteraient…

Quelques minutes après, ils arrivent à destination. Un spectacle désolant s’offre à eux. Les maisons sont délabrées. Certaines n’ont plus de fenêtres, plus de portes. Il ne reste à l’intérieur que les vieilles choses que les voleurs ont trouvé inutiles.

Même si elle n’a vécu que quelques mois dans la maison de ses grands-parents, elle remarque les choses qui ont disparu. Mais ce qui n’a pas disparu, ce sont les traces de sang…






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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:43

RÉSUMÉ : Aziza-Zizou n’a pas le choix. Elle se rend à son village natal en payant un taxi clandestin au prix fort car personne n’ose s’y rendre. Le village est abandonné. Les maisons ont été dépouillées de leurs portes et fenêtres. Seules les traces de sang ont résisté au temps


-28-




La vue du sang ramène de vieux souvenirs en elle. Elle n’a pas besoin de fermer les yeux pour revoir les images horribles. Sa grand-mère, sa mère et ses tantes baignant dans leur propre sang. Elle se rappelle leur nudité qu’elle avait cachée avec les couvertures.

Elle ignore combien de temps, elle est restée figée à l’entrée du salon. Le coup de klaxon la ramène à la réalité. Elle se rappelle lui avoir promis de ne pas tarder. Elle n’a pas le choix. Elle entre dans le salon et fouille dans les tiroirs du bahut. Elle y trouve les papiers de son grand-père et ceux que son père avait apportés.

Elle lit les prénoms des chers disparus. Et elle pleure…

- Hé ! Vous venez ou je pars sans vous ! dit le chauffeur en la faisant sursauter. Je ne voulais pas vous effrayer !

Aziza Zizou essuie ses larmes puis baisse sa casquette. Après un bref regard sur les autres pièces, elle retourne dans le taxi. Il démarre aussitôt.
- Ça va mieux ?

- Oui… Déposez-moi à la mairie, le prie-t-elle.

Aziza-Zizou règle la course avant même d’arriver. Elle a hâte d’en finir. Elle est encore toute bouleversée d’avoir revu le village et la maison de ses grands-parents où toute sa famille a trouvé la mort. En passant devant la maison des voisins, elle s’est rappelée s’être retrouvée le visage, les mains et son pyjama salis de leur sang ? C’est ce qui lui a peut être sauvée la vie ? Le terroriste l’avait crue morte…

Mais dans le fond, elle se demande si la petite fille n’était pas morte ce soir-là.

L’agent à qui elle s’adresse à la mairie connaissait son père. Il est ému de “le” voir.
- Je croyais que ces fils étaient morts, dit-il.

- Non… Je suis bien vivant, réplique-t-elle. Puis-je avoir un acte de naissance ?

- Bien sûr…

L’agent saisit le livret de famille puis consulte le registre.

- Il faut corriger cette erreur, lui dit-il, en te rendant chez le juge…

- Oui, oui, j’irai, promet-elle. Seulement, j’ai besoin de mon acte de naissance !

- Je ne peux pas l’établir… J’ai besoin d’un document officiel, dit l’agent. Comprenez que …

- Je vous en prie, insiste Aziza-Zizou. Aidez-moi… Si je ne prouve pas qui je suis, je vais me retrouver dans la rue ! Faites-le… Si un jour, vous avez eu un peu de respect pour mon père…

L’agent regarde autour de lui, hésitant à prendre le registre.

- Promettez-moi de régulariser votre situation !

- Promis !

Le cœur serré, au bord des larmes, elle le regarde l’établir. Le temps de le saisir et de le glisser dans sa poche, la voilà repartie après l’avoir remercié chaleureusement. Aziza-Zizou rentre chez Abderrahman, le cœur en partie apaisé. Elle allait pouvoir avoir des papiers.

Elle monte à la chambre d’ami et là, en entrant, elle aperçoit son sac ouvert. Quelqu’un a fouillé et à la vue du paquet de serviettes hygiénique, elle devine que son secret a été percé. Houria ne tarde pas à la rejoindre. Elle a des questions à lui poser…



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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:46

Résumé : Aziza réussit à se faire délivrer un acte de naissance à force de prier l’agent qui avait connu son père. Elle rentre chez Abderrahman où elle loge dans la chambre d’ami. Elle se rend compte que quelqu’un a fouillé son sac. Houria demande à lui parler…


-29-


Aziza-Zizou regrette de ne pas avoir mis de cadenas à son sac. Maintenant que Houria a jeté un coup d’œil sur ses affaires, elle doit avoir deviné. Peut-être même qu’elle a déjà mis au courant son mari Abderrahman.
Elle se demande ce qu’elle allait lui dire. Mais pourquoi cela lui arrive maintenant alors qu’elle vient d’obtenir un acte de naissance ?
- Comment as-tu osé ? Alors qu’il te faisait confiance ? l’interroge-t-elle en lui jetant les serviettes hygiéniques. Alors, comme ça, tu as une petite amie !
- Comment ?
- Elle les a oubliés chez toi… Comment as-tu fait pour la faire entrer sans que personne ne s’en aperçoive ? lui demande-t-elle furieuse. Dire que Abderrahman te fait confiance ! Il sera bien déçu… Le petit ange imberbe dont tous les garçons se moquent nous a
bien eus !
- Je peux vous expliquer, se défend Aziza-Zizou. Je n’ai pas de petite amie… Jamais je ne me serais permis de ramener une fille !
- Alors, explique-moi !
- Promettez-moi de ne pas rire, la prie-t-elle.
- Et puis quoi encore ?
- C’est que… j’ai des hémorroïdes et c’est pourquoi je m’en sers… Jamais une fille n’est venue dans ma chambre…
Houria le regarde longuement.
- Oh, je suis désolée, s’écrie-t-elle, honteuse d’avoir tiré des conclusions hâtives. Mais pourquoi n’es-tu pas allé voir un médecin ?
- Demain… C’est à cause du café et des épices, dit Aziza-Zizou, soulagée que son mensonge excuse la présence des serviettes. Pourquoi avez-vous fouillé ?
Houria a un geste las de la main. Elle n’a pas fouillé.
- La femme de ménage a mal posé le sac sur la commode et son contenu s’est renversé. Jamais je ne me serais permise de fouiller, réplique-t-elle. Seulement, j’étais sous le choc. Il faut me comprendre ! Je te demande pardon…
- Ce n’est rien !
La jeune fille est trop heureuse et soulagée pour lui tenir rancune. L’incident est clos. Houria ne tarde pas à la laisser dans sa chambre.
Aziza-Zizou ferme la porte à clef et là, elle se débarrasse de sa casquette et se met à l’aise. Elle enlève la bande élastique et libère sa poitrine. Si elle continue à prendre des formes, la bande ne pourra plus la dissimuler.
Et puis, le fait qu’elle n’ait pas de poils l’agace. Dès le lendemain, elle se rend chez un spécialiste et elle réussit à le convaincre de lui prescrire des hormones. En prétextant faire du culturisme et avoir besoin d’aide pour développer ses muscles…
- Mais il ne faut pas en abuser... Sinon vous allez devenir viril…
- Avoir un duvet ?
- Oui et sur une jeune fille, c’est disgracieux, lui dit le spécialiste. Suivez bien mes instructions…
Aziza est bien décidée à ne pas les suivre. Durant les mois suivants, elle double la dose. Dès qu’apparaissent des poils, elle s’empresse de se raser. Et elle les laisse repousser, sans jamais plus y toucher. Elle n’a pas de barbe fournie mais une ombre qui convainc ses collègues et les clients.
Seulement, après quatre années de prise d’hormones, le problème de sa poitrine se pose toujours.
Et elle tient à y remédier définitivement en ayant recours à la chirurgie.

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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:49

RÉSUMÉ : Aziza réussit à s’en sortir face aux questions de Houria qui croyait qu’“il” a une petite amie. Elle prétend avoir des hémorroïdes, expliquant ainsi la présence des serviettes hygiéniques. Pour accélérer sa transformation, elle prend des hormones. Mais le problème de sa poitrine persiste. Elle doit impérativement y remédier…






-30-



Aziza profite de son temps libre pour se renseigner. Elle cherche une clinique privée où elle pourrait subir l’intervention.
Elle se renseigne dans les pharmacies. Toutes n’ont aucune adresse à lui communiquer.

- Il y a bien un dermatologue qui possède une petite clinique, se rappelle l’une d’elles alors que Aziza s’apprête à sortir de la pharmacie. Je peux vous dire dans quel quartier se situe la clinique !

Le renseignement en main, elle doit prendre un taxi pour se rendre dans ce quartier. En demandant à droite et à gauche, elle parvient à trouver la clinique.

Aziza sonne et une infirmière ouvre aussitôt.

- Bonjour ! dit-elle.

- Bonjour, c’est pour un rendez-vous ? lui demande l’infirmière.

- Oui.

- Aujourd’hui, dit l’infirmière en lui montrant les salles d’attente pleines, ce n’est pas possible…

- Je viens de loin, insiste Aziza. Je ne peux pas repartir sans l’avoir vu !

- Il ne pourra pas vous recevoir avant eux, la prévient-elle. Mais si vous êtes toujours là en fin de journée, je ne crois pas qu’il refusera !

- J’attendrai alors ! décide Aziza. Est-ce que je peux sortir ?

- Oui, revenez avant seize heures ! la prie-t-elle. Au fait, votre nom ?

- Aziz X. , dit la jeune fille sans enlever sa casquette. À plus tard !

Elle s’en va attendre dans un café non loin de là. Elle se serait bien aventurée à visiter le quartier mais comme il est réputé pour ces mauvaises fréquentations, elle préfère rester dans son coin. Le temps lui paraît long. Même en regardant la télé. Elle achète plusieurs journaux et même si elle a envie de lire, elle ne parvient pas à se concentrer. Mais le temps finit par passer.

Il est un peu plus de seize heures lorsqu’elle retourne à la clinique. Il y a encore des patients.

Deux heures de plus à attendre. Les derniers avec qui elle discute, ne tarissent pas d’éloges. C’est un des meilleurs spécialistes d’Alger et il est connu à travers le pays. Il travaille aussi dans une clinique à l’intérieur du pays. Des patients viennent de toutes les régions.

Enfin, c’est son tour. Aziza entre dans le cabinet médical. Le dermatologue malgré l’épuisement après une longue journée, l’accueille avec le sourire.

La jeune fille le trouve d’emblée sympathique.

- Alors, mon garçon, de quoi souffres-tu ?

- J’ai un gros souci, répond Aziza-Zizou sans se débarrasser de sa casquette. On m’a dit que vous êtes aussi chirurgien ? Que vous opérez ici ?

- En effet, répond le spécialiste. Lorsque le cas le nécessite, j’interviens… Mais vous ne m’avez encore rien dit de ce qui vous amène à mon cabinet !

- J’ai un grave problème, dit Aziza. Vous devez m’aider… Vous êtes le seul à être capable de me sauver !

Le spécialiste veut la rassurer.

- Si c’est dans mes compétences… Alors comment puis-je vous aider ?
Aziza-Zizou se lève et retire sa casquette et sa jaquette en jean.

Lorsqu’elle se débarrasse de la bande élastique, libérant ainsi sa poitrine, le dermatologue n’en croit pas ses yeux...




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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:50

RÉSUMÉ : Aziza a fait sa petite enquête. Il n’y a pas de clinique de chirurgie esthétique à Alger. Mais il y a bien un dermatologue chirurgien. Pour pouvoir lui parler, elle doit attendre toute la journée. Elle lui demande de l’aider…


-31-






- Vous êtes une fille ! s’écrie le spécialiste qu’on nommera pour l’histoire Dr Aghilès. Pourquoi vous êtes-vous déguisée ?

- Ce n’est pas un déguisement, répond la jeune fille en s’asseyant. C’est comme ça que je suis tous les jours.

- Pourquoi ?

- Parce que c’est vital pour moi, réplique-t-elle comme si c’est l’évidence même.

- Je ne comprends pas, dit Dr Aghilès. Expliquez-moi…

- J’ai besoin que vous m’aidiez à ne plus être une fille, insiste-t-elle. Croyez-moi quand je vous dis que c’est vital ! Aidez-moi.

- À vous de m’aider à comprendre, rétorque le spécialiste. Après, on décidera !

Pour la première fois de sa vie, elle raconte ce qu’il lui est arrivé. Ce qui était arrivé aux femmes de sa famille. Elle a trop peur de tomber entre les mains de terroristes et d’être violée. Elle ne veut plus être une jeune fille. Elle veut compléter sa transformation.

- C’est pour être tranquille, à tout jamais, dit-elle. Si on découvre que je suis une jeune fille, mon patron me mettra dehors ! Je n’ai nul part où aller.

- Mais ce n’est pas une solution, soupire Dr Aghilès. Vous êtes née de sexe féminin ; vous ne pouvez pas changer comme ça !

- Malgré tout, j’ai réussi à avoir un semblant de barbe. Mon apparence les trompe tous depuis des années, poursuit Aziza. Je suis toujours sur mes gardes.

- Personne ne s’est douté une fois de votre féminité ?

- Si, on remarque tout de suite mes mains fines, que je ne suis pas très poilue. Ma voix n’est pas vraiment grave, dit la jeune fille. Mais tout cela, je peux y remédier seule. Le problème maintenant, c’est ma poitrine. Je ne la supporte plus !

- Je comprends que les épreuves passées vous aient dégoûtée à vie, des hommes. Vous pouvez être femme et être forte, l’assure le dermatologue. Vous avez tort de croire qu’en devenant un homme, vous deviendrez intouchable. Même femme, vous l’êtes !

Aziza secoue la tête. Il n’y a pas plus vulnérable qu’une femme. Elle se rappelle la force de caractère de sa mère, de sa grand-mère, de ses tantes. Cela ne leur avait pas évité le terrible sort que leur avait destiné le groupe armé.

- Non, être femme, c’est être victime de la violence des hommes, insiste-t-elle. Je veux être un homme, pour ne pas les subir ! Est-ce que vous allez m’aider, maintenant que vous savez ?

Dr Aghilès a des questions qu’il hésitait à lui poser. Vu ce qu’elle a vécu en étant enfant et vu sa façon de renier sa féminité, il doit savoir. Il est fin psychologue.

- Est-ce que vous détestez les hommes ? Est-ce que vous leur en voulez ? Est-ce que vous voulez devenir comme eux et leur rendre la monnaie de leurs pièces ?

Aziza rit mais il n’en ressort aucune joie.

- Non, non, le rassure-t-elle. Je sais qu’ils sont différents des autres. La preuve, mon patron est un homme bon et prévenant. Il m’a ramassée alors que j’étais dans la rue. Il me prenait pour un garçon…Tous les hommes ne sont pas des brutes !

- Heureux de vous l’entendre dire, soupire le spécialiste, soulagé par le fait qu’elle ne pense pas à se venger.

- Alors, vous allez m’aider ? demande-t-elle pour la énième fois. Maintenant que vous savez !

- Oui… Mais…

Dr Aghilès hésite à lui donner sa réponse. En fait, il a une idée. Il a conscience qu’elle a besoin d’aide. Mais pas de la sienne…







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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 0:53

RÉSUMÉ : Aziza raconte au spécialiste le drame qu’elle a vécu et pourquoi elle tient à subir cette opération. Dr Aghilès est soulagé par le fait que la haine et la rancune ne l’aient pas rongé depuis. Il veut bien l’aider mais autrement…



-32-


-Je vais appeler un ami et un confrère, dit Dr Aghilès. Son cabinet est dans la rue d’en face… Avec un peu de chance, il sera là dans cinq minutes !

Il prend son portable et compose un numéro. Il demande à son confrère de passer. Aziza n’a rien perdu de la conversation. Elle est heureuse et soulagée. Même si elle a passé la journée à attendre, ce ne sera pas pour rien.

- Vous allez lui demander de vous assister dans l’opération ?

- Je lui demanderais de vous aider, répond Dr Aghilès. Il faut que vous compreniez que votre cas est très délicat… Lorsqu’on fait une ablation du sein, c’est parce qu’il y a une tumeur… S’en prendre à une poitrine saine, pour des raisons comme les vôtres…

- A l’étranger, c’est une opération courante, remarque Aziza. Il y a ceux qui le font pour changer de sexe !

- Oui, mais vous, après la poitrine, vous voudrez compléter la transformation ?

Aziza secoue la tête. Elle n’y a jamais pensé.

- Je ne crois pas, répond-elle. Je ne veux plus de ma poitrine parce qu’elle est apparente et qu’elle dévoile ma vraie nature…Même en été, je ne peux pas sortir sans ma veste de sport ! Je veux régler ce problème, définitivement !

On sonne à l’entrée. L’infirmière vient frapper à la porte du bureau et entre sans attendre la réponse du spécialiste.

- Dr Hafidh est là, dit elle. Vous l’attendiez ?

- Oui…

Dr Aghilès se lève et va voir son confrère dans la salle d’attente. Il doit lui expliquer le cas de Aziza avant de parler devant elle.

Dr Hafidh est psychanalyste. Il est seul à pouvoir l’aider. L’opération n’est pas une solution. En quelques mots, il lui raconte comment elle a survécu à cette nuit d’horreur.

- Elle ne sera jamais satisfaite… A ses yeux, une femme ne peut pas se défendre. Cela fait des années qu’elle joue la comédie, uniquement pour survivre, pour ne pas souffrir. Tu penses pouvoir la convaincre de suivre une thérapie ?

- Je l’espère !

Quelques minutes plus tard, lorsqu’elle sait qu’elle ne pourra pas subir l’opération, sa déception est grande. Dr Hafidh tente de la convaincre du bien qu’ils veulent pour elle.

- Il y aura toujours une part d’insatisfaction en vous. Les cicatrices que vous porterez vous rappelleront d’autres souvenirs. Le mieux, c’est qu’on parle vous et moi. Vous avez besoin d’un soutien. Je ne dis pas que vous êtes folle et que vous avez besoin de calmants. Juste d’une oreille. Je vous propose mes services de bon cœur. Ce sera quand et où vous voulez…

Aziza l’a écouté malgré sa déception. Pour la première fois depuis des années, elle pleure.

- Tout ce que je veux, c’est poursuivre ma vie tranquille. J’ai un travail, une chambre…Tout ça, parce que je suis un jeune homme. Si je redeviens moi, je perds tout ! Pourquoi restez-vous indifférents ? Je ne vous ai pas demandé de tuer mais de m’aider ! Je vous en prie !

Les deux spécialistes échangent un regard. Ils s’attendaient à ce qu’elle refuse de les écouter. Mais ce ne sont ni ses larmes ni ses prières qui les toucheront au point où Dr Aghilès reviendrait sur sa décision.

- Voilà ma carte, dit Dr Hafidh. Je suis à votre disposition, de jour comme de nuit, insiste-t-il en la lui remettant. Croyez-nous, on ne veut que votre bien…


Pour réponse, elle déchire la carte de visite avant de partir…





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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 1:04

RÉSUMÉ : Aziza va voir ses espoirs s’envoler.
Le Dr Aghilès a fait appel à un psychanalyste.
Ce dernier tente de la convaincre de suivre une thérapie. Il se met à sa disposition de nuit comme de jour. Mais elle refuse et déchire sa carte de visite avant de partir…


-33-


-Quelque chose ne va pas Zizou ?
La jeune fille sursaute presque. Elle se tourne vers son patron qu’elle n’a pas entendu venir. Même si elle n’est pas de garde, elle est restée à la pompe à essence. Elle ne supporte pas d’être enfermée dans sa chambre. Depuis sa visite chez le Dr Aghilès, elle est démoralisée. Elle n’a rien avalé depuis et ce soir-là, elle n’a pas fermé l’œil. Les rares fois où elle l’a pu, c’est pour faire des cauchemars.
- Qu’est-ce qui ne va pas ? Aurais-tu des soucis ?
Aziza-Zizou s’efforce de sourire. Abderrahman voit bien qu’il est forcé.
- Non, dit-elle. Je suis seulement fatiguée…
- Pourquoi ne prendrais-tu pas un congé ? propose le patron. Cela fait des années que tu te contentes uniquement de ton jour de repos ! Pourquoi n’irais-tu pas à Tigzirt ? Là, on possède un bungalow au bord de la mer !
- Au bord de la mer ?
- Cela te fera du bien, poursuit Abderrahman, avant de lui ordonner de préparer ses affaires pour
le lendemain…
- Tu es en congé pendant trois semaines !
Comme il ne lui laisse pas le choix, elle comprend qu’elle ne doit pas discuter son ordre. Elle le remercie.
Ce congé lui permettra de souffler un peu et même de mettre de l’ordre dans ses idées.
Elle avait tant espéré de sa visite chez le spécialiste. Même s’il est habitué, à opérer, il ne le faisait que lorsque c’est nécessaire. Il n’a pas parlé argent.
À ces yeux, elle avait besoin d’un psy. Il n’avait pas hésité à en contacter un.
- Peut- être que j’en ai besoin ? s’interroge-t-elle à voix haute. Peut-être que je n’en ai pas conscience ?
- Mais, bien sûr, que tu en as besoin, lui affirme son patron, répondant aux questions, croyant qu’elle parlait de ce repos. A ton retour, tu seras mieux…
- Est-ce que je vous paraîs normal ? lui demande-t-elle.
- Bien sûr…Tu as un caractère particulier mais tu es un garçon plein de qualités, dit Abderrahman. Si cela peut te faire plaisir, sache que j’aurais aimé avoir un fils comme toi ! Et puis, je vais te dire quelque chose que tu sais aussi ! Tu es le seul, ici, sur qui je peux compter et en qui j’ai une confiance aveugle !
Ces propos mettent un peu de joie dans le cœur tourmenté de la jeune fille. Elle se sent mieux même si cela ne change rien à sa situation.
- Vous pourrez toujours compter sur moi ! lui affirme-t-elle.
- Demain, à la première heure, tu pars !

Il lui donne le numéro de téléphone de la femme de ménage qui garde les clefs en leur absence. Aziza le remercie une nouvelle fois avant d’aller se coucher. Le matin, elle part en taxi, à Tigzirt. C’est le printemps et il fait un temps doux. Son congé sera agréable. Son patron est quelqu’un de bien. Elle l’ignore mais il va prendre une décision. Une importance décision, la concernant…

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