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 La nouvelle d\'Adila Katia.

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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 1:07

RÉSUMÉ : Abderrahman voit bien que Aziza-Zizou est soucieuse et fatiguée. Il lui ordonne de prendre un congé de trois semaines. Il possède un bungalow à Tigzirt où elle se rendra dès le lendemain. Aziza l’ignore encore mais il a pris une importante décision…

-34-



Aziza est bien décidée à profiter de son séjour, à Tigzirt, pour réfléchir à sa situation. La réponse du spécialiste l’a déçue mais elle ne se décourage pas. Il doit bien exister une clinique ou un chirurgien qui acceptera de l’aider. Ce n’est pas parce que le Dr Aghilès a refusé que les autres ne seraient pas tentés d’intervenir. Si c’est une question d’argent, elle payera le prix fort. Avec le Dr Aghilès, elle n’en a pas parlé mais elle pense aborder la question avec les prochains qu’elle verra. Peut-être que l’un d’eux acceptera ? “Le rêve !”, pense-t-elle. Elle se repose et ne sort pas du bungalow pendant trois jours. Elle a acheté tout ce dont elle avait besoin avant d’arriver.

Durant ces trois jours, elle s’est contentée de grillades et de laitages.
Pour remplir le frigo, elle doit se rendre au centre-ville. Et elle n’achète pas que des légumes et des fruits, elle entre aussi dans un cabinet médical d’un généraliste. Elle attend patiemment son tour. Il n’y a pas beaucoup de malades. Son tour vient rapidement. Le médecin est une jeune femme. Elle l’accueille en souriant.

- Bonjour docteur, dit Aziza, en retirant sa casquette. Je ne suis pas souffrante… J’ai besoin de renseignements…
- Quels renseignements ?
- Je voudrais savoir s’il existe une clinique où est pratiqué la chirurgie esthétique ? demande-t-elle.
- Pourquoi ?
- Je voudrais changer d’apparence, répond-elle. Enfin, je veux diminuer le volume de ma poitrine…
-Elle n’est pas forte du tout, réplique le médecin. Pourquoi ? En quoi vous gêne-t-elle ?
- En tout, elle m’empêche de dormir tranquille. Je dois m’en débarrasser, insiste Aziza. Ainsi, je serais presque un homme !
- Comme vous venez de le souligner, c’est “presque”, car l’essentiel restera, dit le médecin. Je ne comprends pas pourquoi vous êtes obsédé par votre apparence. Vous voulez devenir un homme ! Mais pourquoi ?
- Personne ne peut comprendre, dit Aziza. Je vous en prie, renseignez-moi ! Connaissez-vous une clinique ou un chirurgien qui pratique l’esthétique ?
Le médecin n’est pas du tout désolé quand elle lui affirme que non.
- J’aurais voulu vous aider autrement ! Vous avez besoin qu’on vous écoute, dit-elle. Pourquoi ne pas consulter un psychologue ? Je suis sûre qu’il saura vous guérir des démons du passé !
Aziza refuse de prendre la carte qu’elle lui tend.
- Vous êtes tous les mêmes !

Elle part sans lui dire au revoir. Elle n’est pas déçue cette fois. Elle n’a pas été surprise. Elle s’y attendait. Cela ne l’empêchera pas de poursuivre ses recherches. Elle finira bien par trouver un chirurgien intéressé par son cas. Durant le reste de ce congé imposé par son patron, elle en profite pour se reposer. C’est lors d’une soirée télé qu’elle trouve une solution à son problème.

Elle pense à demander un visa pour se rendre en France. Là-bas, il y a des cliniques. Elle s’imagine mal un chirurgien lui refuser ce qu’elle demandera. Elle a les moyens de régler l’intervention. Depuis qu’elle travaille à la station-service, elle n’a jamais touché à son salaire. Elle peut se permettre bien des choses. De retour chez “elle”, elle est plus optimiste. Son sourire et son air détendu frappent son entourage.
Abderrahman, son patron, réalise que le manque de repos et de changement a usé le moral de Zizou. Heureusement qu’il a pu se rattraper. Il est décidé à l’envoyer se reposer, plus fréquemment.
Ce soir-là, après l’avoir invité à dîner, il insiste pour discuter avec lui. Une discussion entre hommes…

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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 1:12

Résumé : Aziza passe un agréable séjour à Tigzirt. Elle a décidé de se rendre à l’étranger, pour subir l’intervention. À son retour, tous remarquent son changement. Elle est heureuse de les retrouver. Abderrahman veut avoir une discussion, avec " lui ". entre hommes…

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-Il y a un problème ?demande Aziza sans oser le regarder dans les yeux. Il s’est passé quelque chose, durant mon absence ?
Abderrahman a pris son air grave, des mauvais jours. La jeune fille sent son malaise. Elle pense au pire.
- Vous avez trouvé quelqu’un, pour me remplacer ? C’est ça ?
- Un employé, ça se remplace vite ! Mais un garçon comme toi, je ne crois pas, dit Abderrahman, la rassurant d’un coup. En fait, je me suis attaché à toi…Plus que je ne devrais, peut-être ?
- Cela ne risque pas de vous nuire, réplique Aziza. Un moment, j’ai cru que vous ne vouliez plus de moi, à la station-service !
- C’est en effet le cas, affirme le patron. Tu comptes tant à mes yeux que je pense à beaucoup de choses…Je voudrais que tu deviennes un membre de la famille.
- Je suis trop vieux, pour être adopté, réplique la jeune fille, très émue. Et puis, sans ça, je vous considère comme mon père !
- Et moi, comme le fils que je n’ai pas eu la chance d’avoir, dit Abderrahman. En fait, je veux que tu deviennes un membre de la famille, en acceptant la main de ma fille…Que dis-tu de devenir mon gendre ?
- Comment ?
Aziza n’en revient pas. Elle se lève mais son patron lui fait signe de se rasseoir.
- Serais-tu choqué par ma proposition ?
- C’est que…
- Ecoute mon garçon, je ne t’offre pas seulement la main de ma fille mais tout ce que j’ai de plus précieux, insiste Abderrahman. Je comprends que cela te surprenne mais figure-toi que j’y ai longuement pensé ! Tu es un garçon convenable et je ne pourrais avoir de meilleur gendre que toi ! Bien sûr, si tu acceptes !
Aziza ignore quoi répondre. Elle est encore sous le choc. Ses problèmes sont loin d’être résolus. Elle se demande pourquoi son patron s’est mis en tête de trouver mari, à son unique fille alors que celle-ci est encore au lycée. Elle doit passer son bac, prochainement.
- Est-)elle au courant ? demande-t-elle. L’avez-vous consultée avant de… ?...
- Non, ce n’est pas nécessaire ! C’est moi qui déciderai de qui lui conviendra le mieux, pour mari, réplique Abderrahman. Alors, dis-moi ce que tu en penses ?
- Je ne pense rien, avoue-t-elle. Je suis surpris parce que…Elle est jeune et étudie. Et elle peut attendre mieux que moi !
- Non, non, affirme le père de celle-ci. Pour moi, un bon mari vaut tous les diplômes du monde ! Quant à mieux que toi, c’est moi qui sais et connais ta valeur !
- Merci…
Abderrahman voit bien que son cher Zizou n’est pas sot. Tu sais, je ne veux pas te forcer la main, lui dit-il alors qu’elle se lève. Tu as tout ton temps, pour réfléchir !
- Bonne nuit !réplique Aziza Zizou avant de se retirer dans sa chambre.
Elle ressent comme une chape de plomb depuis que son patron lui a fait part de ses projets. Elle a conscience de sa destinée qui lui a échappée depuis le jour où elle a décidé d’être un garçon comme les autres.
Si elle refuse sa proposition, à devenir son gendre, elle sait qu’il le prendra mal. Mais si elle accepte, comment fera-t-elle ? Elle ne pourra pas jouer la comédie longtemps. Elle se demande si elle ne ferait pas mieux de disparaître ?

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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 11:01

RÉSUMÉ : Aziza pense qu’il veut la renvoyer mais ce que son patron lui propose est pareil. En lui parlant de marier sa fille, Aziza voit bien que ses soucis sont loin d’être finis. Elle se demande si elle ne ferait pas mieux de disparaître…


-36-





- Mais qu’est-ce qui lui a pris de vouloir être mon beau-père ?

Aziza-Zizou ne cesse de se poser des questions. Elle qui pensait se rendre à l’étranger pour subir une ablation des seins, se dit qu’elle ferait mieux de changer de sexe au passage. Elle ne sera jamais tranquille. Elle aura toujours un souci.

Elle a bien conscience de sa valeur, en tant que jeune homme, aux yeux de son patron. Elle risque de le décevoir et de le peiner en refusant sa proposition. Elle pourrait se retrouver à la rue. Elle ne serait pas choquée s’il la renvoyait. Ce serait normal.

Dans un sens, elle pense ne pas avoir le choix. Elle est contrainte à accepter même si ce mariage n’aura jamais lieu. Accepter, pour gagner du temps. En attendant…

- Mais en attendant quoi ? se demande-t-elle. Je ne peux pas passer ma vie dans un bloc opératoire ! Qui sait si je n’attraperais pas une maladie au passage ?

Elle qui songeait à régler le problème de sa poitrine a ce nouveau souci sur les bras. Elle pense sérieusement à disparaître. Kamélia est une fille bien et si elle accepte la proposition de son père, elle la mènera droit à la déception. Car si elle s’enfuit après l’avoir fréquentée, elle croira qu’ elle ne lui plaisait pas.

- Il faudrait que je l’encourage à fréquenter un autre garçon, pense-t-elle. Comme ça, je pourrais continuer à travailler et je n’aurais pas à m’engager !

Si Kamélia poursuit ses études, elle rencontrera des jeunes aussi ambitieux qu’elle. Elle finira par craquer pour l’un d’eux. En attendant qu’elle termine ses études, que Aziza souhaite longues, quatre ou cinq ans passeront. Cela lui laisse le temps de trouver une solution. Si Kamélia ne l’apporte pas indirectement…

- Zizou, tu as ton permis, n’est-ce pas ? lui demande Abderrahman.

- Oui.

- Voilà, à partir de demain, tu ne travailles plus à la station-service, poursuit le patron. Tu deviens le chauffeur de Kamélia. Après ses cours au lycée, elle a des heures de soutien en maths et en anglais…Tu l’y emmènes et attends qu’elle ait fini pour la ramener à la maison… Parfois, elle voudra sortir se promener, à toi de garder un œil sur elle !

- Quelqu’un d’autre pourrait le faire à ma place. Je préfère travailler ici… Si c’est possible, ajoute-t-elle pour qu’il ne prenne pas mal son refus.

- Non, tu es le seul en qui j’ai confiance, rétorque Abderrahman. Vraiment confiance car je vais être contraint de m’absenter souvent ! Je peux compter sur toi pour être son ange gardien ?

- Bien ! À quelle heure dois je l’emmener au lycée ?

- À 7h30, mais pour les jours à venir, tu verras avec elle !

Aziza Zizou prend congé de son patron et va à sa chambre. Son patron vient encore de la prendre de court. Elle comprend son intention. Il veut leur donner l’occasion de se rapprocher, de mieux se connaître.
Même s’il ne lui a pas demandé sa réponse, le fait de lui imposer ce nouveau travail prouve qu’il attend beaucoup de lui.
Elle ignore s’il s’en rend compte mais il lui met la pression. Elle espère qu’il ne lui imposera rien d’autre. Elle sent qu’elle ne tiendra pas longtemps. S’il continue, elle risque de craquer.

- Hé Zizou !

La jeune fille met sa casquette et sort de sa chambre. Akli est revenu.

- Quelque chose ne va pas ? demande-t-elle. Ce n’est pas dans tes
habitudes de revenir, remarque-t-elle. Alors, qu’est-ce qui t’amène ?

Akli semble un peu gêné. Elle ne comprend pas pourquoi.

- Il faut que je te dise quelque chose, commence-t-il. J’espère seulement que tu ne le prendras pas mal car il s’agit de ta vie privée…




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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 11:03

RÉSUMÉ : Aziza se demande comment son patron a eu l’idée de vouloir la marier à sa fille. Mais il la surprend. Il veut qu’elle soit son chauffeur et protecteur. Alors qu’elle est dans sa chambre, Akli le chef magasinier veut lui parler…

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-Qu’est-ce que tu peux avoir à redire sur ma vie privée ? l’interroge-t-elle.
Akli a encore l’air gêné mais il finit par se lancer. Il doit lui dire ce qu’il a sur le cœur.
- J’ai entendu pour la fille du patron, commence-t-il. Tu ne pourrais pas trouver meilleure fille !
- Je ne l’ai pas demandée, réplique Aziza-Zizou. Je ne pense pas au mariage. Aâmi Abderrahman m’a surpris…
- Il faut bien prendre la chose, lui conseille Akli. S’il ne te connaissait pas des qualités, il ne te l’aurait jamais proposé !
- Ça, je le savais déjà ! dit la jeune fille.
- Mets-toi en tête qu’il t’offre ce qu’il a de plus précieux sur terre ! A toi de savoir comment en prendre soin !
- Si j’accepte, émet elle. Parce que je ne me suis pas encore décidée !
- Ne fais surtout pas cette erreur ! Tu perdrais tout ce que tu as ! s’écrie Akli. Ici, on sait tous que la station-service est devenue ta famille ! Tu ne voudrais pas nous quitter parce que la bêtise t’aura aveuglé ! Je ne peux pas te laisser faire ça !
- Tu ne peux pas me forcer à me marier avec elle ! rétorque-t-elle.
Akli l’admet. Il ne peut pas " le " forcer.
- Rassure-moi, tu vas réfléchir aux pour et aux contre ! C’est une proposition en or… N’importe quel des jeunes voudrait être à ta place ! Mets-toi en tête que la chance ne sourit qu’une fois… C’est par amitié que je me suis permis d’aborder le sujet ! Aussi pourquoi j’ai insisté…
Aziza-Zizou a un sourire au coin de la bouche. Elle le remercie.
- Ne t’en fais pas ! J’ai compris… Rentre bien chez toi… Et merci !
Ce que Akli ignore, c’est qu’elle n’a plus le choix. Abderrahman lui a confié une mission. Il lui a demandé d’être l’ange gardien de sa fille. Elle ne peut pas refuser. Elle espère que la solution viendra de Kamélia. Si celle-ci a un petit ami, elle les encouragera dans leur relation. Ainsi, elle n’aura pas à refuser la proposition de son patron.
Au petit matin, elle se lève et se prépare à accompagner la jeune fille, au lycée. Elle refuse l’invitation de Houria à prendre le petit déjeuner.
- Est-elle prête ? lui demande-t-elle.
- Elle est en train de déjeuner, répond Houria avant de regarder la pendule. Il n’est pas encore sept heures trente… Entre l’attendre à l’intérieur ! Mais Aziza refuse.
- Dès qu’elle finit, qu’elle me rejoigne ! Je l’attends dans la voiture !
Kamélia prend tout son temps. Ils partent avec un léger retard. Aziza n’apprécie pas. Elle décide de se montrer très désagréable.
- Ton père a dit 7h30 ! On a dix minutes de retard ! Si demain, tu n’es pas prête à l’heure habituelle, je pars sans toi !
- Tu n’oserais pas ! s’écrie la jeune fille.
- Demain, tu pourras le vérifier par toi-même !
Kamélia boude durant tout le trajet. Aziza-Zizou connaît bien le quartier. Elle n’a aucune peine à trouver le lycée. Il n’y a plus beaucoup de monde, dehors mais Kamélia prend tout son temps, pour descendre et entrer dans l’établissement. Le surveillant ferme aussitôt. Aziza a oublié de lui demander son programme. Elle ignore à quelle heure elle finit. Ne voulant pas manquer à son devoir au cas où la jeune fille n’aurait qu’une seule heure de cours, elle déniche une place de parking, un peu plus loin. Mais elle ne reste pas dans la voiture. Elle se rend dans la rue, d’en face, décidée à l’attendre et à l’ennuyer. Au point où elle ne voudra jamais de “lui”.

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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 11:05

RÉSUMÉ : Akli veut lui ouvrir les yeux sur sa chance. C’est par amitié qu’il insiste pour que Zizou réfléchisse à deux fois avant de refuser. Aziza-Zizou le remercie. Dès le lendemain, elle conduit Kamélia au lycée. Elle décide de l’ennuyer pour qu’elle ne veuille jamais de “lui”.

-38-


- Je vous dis qu’il m’a ridiculisée devant mes camarades ? s’écrie Kamélia en larmes. Il n’a aucun droit sur moi !
- Peux-tu m’expliquer ce qui s’est passé ? l’interroge Houria qui croit que sa fille exagère.
- Dès qu’il m’a vue discuter avec mes copains, il est venu me crier dessus ! Même mes camarades n’ont pas été épargnés.
- Il devait croire qu’ils te manquaient de respect !
- Non, il voulait seulement me ridiculiser ! insiste la jeune fille. Il est censé être mon chauffeur. Rien n’excuse son comportement ! Et puis, de quoi il se mêle ?
- Ton père lui a demandé de garder un œil sur toi ! N’oublie pas qu’il a des comptes à lui rendre, lui rappelle Houria. Il doit suivre ses instructions ! Si tu veux, je lui parlerai, propose-t-elle. Pour qu’il soit plus gentil.
- Merci maman ! Tu me rendras un grand service ainsi !
Le fait de savoir que son père est derrière ces instructions a l’effet de vite la calmer.
Houria attend que sa fille soit dans sa chambre pour aborder le sujet avec Aziza-Zizou lorsqu’elle vient remettre les clefs de la voiture.
- Tu dois les garder chez toi, lui dit-elle. Abderrahman a été clair, cette voiture est maintenant la tienne !
- Bien, répond celle-ci en gardant sa mine des mauvais jours.
Aziza sait qu’elle a réussi à impressionner la jeune fille et ses camarades. Elle doit aussi convaincre sa mère, qu’“il” est intraitable.
- Tu ne crois pas que tu y vas un peu fort avec Kamélia !
- Je ne supporterai plus qu’elle se comporte ainsi ! l’avertit Aziza-Zizou. En plus, je refuse qu’elle s’habille court et en décolleté ! Tant que je serai son chauffeur, elle devra écouter et suivre mes instructions !
- Je te trouve bien sévère ! lui fait-elle remarquer. Elle s’habille comme les filles de son temps. Tu dois t’y prendre autrement. Tu devrais suivre mon conseil !
- Et pourquoi ?
- Vous serez amenés à vous marier, lui rappelle Houria. Tu ne peux pas lui interdire les choses que son père lui a autorisées depuis qu’elle est toute petite !
- Vous êtes aussi d’accord pour ce mariage ?
- Je suis de l’avis de mon mari, réplique-t-elle. Tu es quelqu’un de bien.
Aziza-Zizou sourit. Elle se demande si elle ne devrait pas se montrer plus dure pour se les mettre à dos. Elle espère que Kamélia se rebellera et refusera de se plier à ses exigences.
Le lendemain matin, lorsqu’elle remarque qu’elle porte toujours du court et qu’elle s’est même légèrement maquillée, elle feint de s’emporter. Devant son patron Abderrahman.
- Soit tu te changes, soit je ne te conduis pas au lycée !
- Tu es payé pour me conduire où je veux, non pour décider si ma tenue est bien ou pas ? Et puis, je n’ai que faire de tes remarques !
- Mon boulot, c’est toi ! réplique Aziza-Zizou. Alors patron, elle doit m’obéir ou pas ?
Ce dernier intervient.
- Oui, mais aujourd’hui, elle part habillée ainsi ! La prochaine fois, elle choisira une tenue plus décente !
Aziza-Zizou est décidée à lui empoisonner son quotidien. Elle ne peut pas sympathiser avec elle, même si c’est une jeune fille adorable. Pour des raisons que celle-ci ne doit pas savoir.

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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 11:08

RÉSUMÉ : En plus d’être désagréable, Aziza la ridiculise devant ses camarades. Kamélia ne le supporte pas. Elle se plaint alors à sa mère. Celle-ci tente d’avoir une discussion avec “Zizou”. Mais celle-ci n’a pas le choix. En aucun cas, Kamélia ne doit s’attacher à “lui”…


-38-


C’est comme ça ! Je t’interdis de déjeuner en groupe à la pizzeria ! Tu déjeunes avec moi, propose Aziza-Zizou, ou à la maison ? À toi de décider !

- Comme si j’avais vraiment le choix, rétorque la fille. En plus de critiquer ma façon de m’habiller, tu veux limiter mes fréquentations !

- Alors, tu déjeunes à la maison ?

- Non, à la pizzeria, répond-elle, avec mes camarades ! Je ne changerai mes habitudes pour te plaire ! Car, au fond, tu n’es q’un sale type ! Je me demande comment mes parents peuvent te trouver des qualités !

- J’en ai tant, qu’ils veulent qu’on se marie, dit Aziza- Zizou. Le sais-tu ?

- Oui, mais franchement, je ne me vois pas vivre avec toi !

- Enfin, il y a un point sur lequel on s’entend ! Un jour, ils voudront connaître ton opinion ! Ils seront déçus.

- C’est moi qui est déçue par leur choix, réplique la lycéenne. Ils savent que je veux étudier. Le mariage est le dernier de mes soucis !

- Heureux de te l’entendre dire ! Bon, je reviens sur ma décision, tu peux rejoindre tes camarades ! décide Aziza-Zizou.

- Non, je ne veux plus y aller. Emmène-moi à la maison ! Je vais me changer pour me rendre en ville, avec maman !

- Et tes cours de soutien ?

- Après, répond-elle. Est-ce que tu peux mettre un peu de musique ?

- Non ! J’adore le silence.

Durant tout le trajet, elle boude. Aziza-Zizou n’a pas le choix. Elle doit être désagréable. Si elle se montre sympathique, Kamélia finira par s’attacher à elle. Elle ne veut rien à voir avec elle. Elle ne peut pas faire partie de sa vie. Si son patron le lui permet, elle ne la conduira plus au lycée ou ailleurs. Elle travaillera à la station-service, comme avant. Elle n’aura pas à se montrer odieuse alors qu’elle n’en a aucune envie.
Elle voit bien que Kamélia est fâchée. Lorsqu’elle descend, elle lui lance un regard méprisant. Aziza-Zizou devine le fond de ses pensées. Elle doit “le” juger ingrat. Après tout ce que son père a fait pour “lui”, il pourrait se montrer plus gentil, plus reconnaissant.

- C’est ça, lui crie-t-elle depuis le perron de la maison. Tu ne mérites rien. Pas même le pain que tu manges !

Aziza-Zizou porte la main à son front, la saluant avec un sourire amer. Elle vient d’atteindre son objectif : se la mettre à dos.
Elle va déjeuner au restaurant comme d’habitude. Elle veut se joindre aux autres employés mais ces derniers ne répondent pas à son salut. Elle s’assoit quand même et passe sa commande.

- Qu’est-ce que vous avez ?

- Rien, répond Akli à la place des autres. Ils sont convaincus que maintenant que tu es monté “en grade”, ils doivent être plus prudents dans leurs propos ! Ils ne veulent pas te manquer de respect !

- Même si je suis le chauffeur de la fille du patron, je reste un employé comme vous, réplique-t-elle. Dans quelques mois, tu deviendras patron… On aura des comptes à te rendre ! On préfère prendre nos dispositions maintenant. Comme ça, on n’aura pas à le regretter !

- Cela n’arrivera jamais, promet Aziza-Zizou qui sait que si le mariage n’aura pas lieu, elle ne deviendra jamais leur patron.
Mais personne ne semble “le” croire. Une nouvelle décision de Abderrahman rend encore la situation plus pénible à vivre. Car elle ne peut pas refuser. C’est un ordre…



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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 11:09

RÉSUMÉ : Aziza-Zizou se permet de lui interdire certaines tenues uniquement dans le but de l’énerver.

-39-


La nouvelle ayant vite fait le tour de la station-service, les employés se tiennent à distance. Aziza tente de leur expliquer que cela ne change rien à leur relation. Mais ils ne “le” croient pas…
Donnez-moi une heure pour ranger mes affaires !
Aziza-Zizou passe devant son patron, la tête baissée. Elle est mécontente et elle ne veut pas qu’il le voit. Malgré tout ce qu’il projette pour “lui” et sa fille, il reste son patron et un ordre est un ordre.
Elle va dans sa chambre et met ses vêtements et ses affaires de toilette dans un sac. Elle range dans un carton tout ce qu’elle a acheté sous le coup de l’envie.
Elle maudit sa malchance, car pour elle, c’est de la malchance dont il s’agit. En exigeant “qu’il” vive avec eux, elle devra être sur ses gardes et elle commence à être fatiguée.
Elle ne pourra plus se mettre à l’aise, sans craindre d’être surprise par Houria, par son patron. Trop de rapprochement risque de nuire à son entente. Ils verront mal le fait qu’elle veuille fermer la porte de sa chambre, qu’elle veuille une salle de bain personnelle… Elle a besoin d’un minimum d’intimité, bien entendu, pour être Zizou.
- Tu en fais une tête, remarque Akli qu’il croise dehors. Où vas-tu comme ça ?
- Le patron veut que je vive sous son toit, réplique-t-elle.
- Le contraire m’aurait étonné, dit Akli. Tu es son futur gendre, tu dois vivre à l’aise chez lui, puisque tu n’as pas de famille !
- J’ai l’impression qu’on me met une corde autour du cou. J’ai cette sensation d’étouffement, lui confie Aziza-Zizou. Au rythme où vont les choses, je risque de crever !
Akli éclate de rire et lui donne une tape dans le dos.
- Non, tu ne crèveras pas parce que ammi Abderrahman ne te veut que du bien ! Tout ce que tu as à faire, c’est prendre soin de sa fille et de sa femme.
- Je ne m’entends pas avec sa fille !
- Je ne te crois pas ! Elle est adorable et studieuse, dit Akli. Ne fais pas la fine bouche, contente-toi de l’apprécier à sa juste valeur et tu verras combien elle est adorable !
- À t’entendre, je suis difficile !
Akli lui affirme que c’est le cas. Il le regarde ranger ses affaires dans le coffre de la voiture.
- Tu sais, pour mieux apprécier ce que tu as aujourd’hui, pense au passé, lui conseille-t-il. Mets-toi en tête que tu as beaucoup de chance !
Aziza-Zizou le remercie et prend place derrière le volant, et après un bref salut, elle démarre. Durant le court trajet jusqu’à la villa de son patron, elle pense à tout ce qu’il lui arrive. Elle trouve que tout va trop vite. Il y a quelques jours, il lui proposait la main de sa fille, puis d’être son chauffeur et maintenant il lui a ordonné de ramasser ses affaires pour s’installer définitivement avec eux.
Elle comprend que cet ordre vient d’un bon sentiment mais le fait de vivre chez eux ne lui plaît pas. La situation lui a échappé.
Un jour, ils finiront par découvrir qui elle est vraiment. Elle se retrouvera à la case départ…
- Sois le bienvenue Zizou ! dit Houria, sortie l’accueillir dehors.
- Merci…
Tout en sortant ses affaires du coffre, pour l’aider, elle remarque son air soucieux. Il est évident que le fait de vivre avec eux ne l’enchante pas. Sur un air de confidence, elle lui apprend une nouvelle qui lui remonte un peu le moral.

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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 11:11

RÉSUMÉ : Aziza range ses affaires, prête à partir chez son patron. Elle a l’impression d’étouffer. Akli lui conseille de ne pas gâcher sa chance. Son patron lui veut ce qu’il y a de mieux. À lui de savoir prendre soin de sa fille. Tout comme elle, le fait qu’elle vive sous le même toit ne l’enchante guère.

-40-



“Si seulement cela pouvait être vrai !” pense Aziza-Zizou, tout en suivant Houria à l’étage où elle a déjà logé dans la chambre d’amis. Le problème ne se poserait plus. Elle n’aurait plus à se faire un sang d’encre. Elle ne veut pas partir et se retrouver à l’hôtel. Le jour où elle n’aura plus un sou, pour louer une chambre, elle ira à la rue. Elle ne veut pas renouer avec cet enfer.
- Si quelque chose te déplaît dans la chambre, dit Houria, on peut l’enlever et placer ce que tu veux ! Abderrahman a bien insisté à ce qu’il ne te manque rien. Alors, que veux-tu ?
- Qu’on respecte mon intimité, répond-elle. Personne n’entre dans ma chambre. Et qu’on ne touche pas à mes affaires !
- Aucun problème. Le ménage, c’est toi qui le fais ou la femme de ménage ? demande Houria.
- La femme de ménage, dit Aziza-Zizou. Une fois que j’aurai rangé mes affaires, je rejoindrai ammi Abderrahman !
- Il se repose, tu peux prendre tout ton temps !
Aziza n’est pas pressée de quitter la chambre. Après avoir rangé ses affaires et mis sous clef celles que les autres ne doivent pas voir, elle s’étend sur le lit. Une télévision a été installée sur le meuble du coin avec un démodulateur.
Pendant près d’une heure, elle passe le temps à zapper à la recherche d’un bon film ou d’une émission de divertissement. Elle a envie de ne penser à rien et d’oublier tout ce qu’il lui arrive depuis quelques jours.
La paix qu’elle a ressenti pendant des années n’est plus qu’un souvenir. L’idée d’un mariage la tourmente. Si elle se fie à ce que lui a raconté Houria, Kamélia serait furieuse. Elle ne veut pas de “lui”, ici. Elle ne comprend pas pourquoi son père fait une fixation sur “lui” alors qu’elle n’est pas en âge de se marier. Ses études passent en priorité. Aziza la comprend. Et ce n’est pas de gaieté de cœur si elle l’embête uniquement pour lui être antipathique.
Un coup à la porte la tire de ses pensées. Elle se redresse sur le lit.
- Qui est-ce ? demande-t-elle après avoir “coupé” le son de la télévision.
- Moi.
En reconnaissant la voix de ammi Abderrahman, elle éteint et va lui ouvrir.
- Sois le bienvenue chez toi, lui dit-il en entrant dans la chambre. Je voie que tu t’es installé. Si tu n’es pas fatigué, pourrais-tu emmener Kamélia chez une amie ?
- Bien sûr ! Passera-t-elle la nuit là-bas ou dois-je l’attendre ?
- Ce sera comme tu veux, répond Abderrahman.
Il vient de lui donner une nouvelle occasion pour la torturer. En lui refusant de passer la nuit chez son amie, elle lui donne une bonne raison pour la détester.
- Elle passera la nuit s’ils ont l’idée de m’inviter, dit-elle en mettant sa casquette. Est-elle prête ?
- Oui, elle t’attend en bas…
Aziza la rejoint. Kamélia feint de ne pas “le” voir. Elle ne cache pas ses sentiments. Elle est réellement mécontente. Mais cela ne l’empêche pas d’être belle. Aziza regrette d’avoir à être aussi méchante, pour atteindre son but. Si elle y parvient.

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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 11:12

RÉSUMÉ : Aziza espère réellement que Kamelia s’intéresse à un autre. Elle n’aurait plus de soucis. À peine installée, aâmi Abderrahman lui demande de l’emmener à un anniversaire. Aziza décide d’être méchante, l’unique moyen pour atteindre son but.

-41-



- Mais qu’est-ce que tu as dans la tête ? s’écrie Kamelia. Tu te crois tout permis parce que tu as la bénédiction de mon père ? Mon pauvre, va t’affirmer dans d’autres domaines !
Aziza-Zizou garde un visage fermé. La colère de la lycéenne est justifiée mais dans sa situation, elle n’a pas le choix. Pour parvenir à ses fins, elle doit entretenir l’animosité. Le moindre prétexte est bon et elle n’éprouve aucune joie à être insupportable.
- Tu as entendu. Soit je reste et tu passes la nuit, soit on rentre après la fête ! insiste-t-elle, sans la regarder. À toi de voir !
- Tu es fou ! T’incruster dans une fête où tu n’as ni ami ni famille, rétorque Kamelia. Si tu continues à m’énerver, je crois que je vais…
- Quoi ? Ne pas te rendre à la fête ? émet Aziza-Zizou. Pense à ton amie…
- Quand je pense à tes conditions, j’ai l’impression que tu ne m’aimes pas ! Si c’est le cas, dis-le à papa ! Au moins, j’aurai un souci en moins car tu n’es pas le prince charmant ! Qui voudrait de toi ?
- Le compliment me va droit au cœur ! Alors, décide-toi. Quel est le programme ?
- Je rentre.
Aziza la conduit à la fête et même si elle a prétendu le contraire, elle ne s’incruste pas. Elle se rend dans un restaurant et dîne tranquillement. Elle n’est pas fière d’elle. Lorsqu’elle repense à tout ce qu’elle lui fait endurer, elle se demande si elle ne ferait pas mieux de partir. Elle est en train de jouer avec les nerfs de Kamelia. Dans quelques semaines, elle doit passer son bac. Ce n’est pas la période idéale pour stresser.
Aziza tient à ce qu’elle réussisse son examen. Le fait d’aller à la fac pendant quelques années lui permettra de souffler. En décrochant le bac, elle lui obtient un sursis. Et ça n’a pas de prix…
Il est un peu plus de dix heures quand elle passe prévenir Kamelia du changement de programme.
- Pourquoi ?
- J’ai un truc à faire, ment Aziza-Zizou. Je ne rentrerai pas tout de suite à la maison. Bonne nuit !
Kamelia ne “le” remercie pas. Aziza rentre à la maison. Aâmi Abderrahman n’est pas encore couché.
- Je croyais qu’elle ne passerait pas la nuit sans toi !
- Je ne voulais pas lui gâcher ce moment de joie, répond-elle. Elle a le droit de décompresser avant le bac. Je veux avoir la conscience tranquille car, si elle échoue, elle m’en tiendra responsable ! Je tiens à sa réussite.
- C’est bien ! Je n’en attendais pas moins de toi ! Bonne nuit mon garçon…
Aziza lui souhaite de même. Elle monte à sa chambre et découvre sur la table basse un coffret de bonbons et une corbeille de fruits.
- Tant d’attentions ! Est-ce que je les mérite vraiment ?
Cette première nuit, chez son patron, elle ne dormira pas une minute. Le matin, elle se lève tôt et se prépare avec soin. Elle va acheter des petits pains encore tous chauds. Aâmi Abderrahman ne tarde pas à se lever. Il “le” trouve dans la cuisine en train de préparer du café.
- Il ne fallait pas Zizou…
- Je le fais avec plaisir, répond Aziza-Zizou. Je vous le sers comment ?
- Sans sucre…
Aziza le sert et dépose les petits pains dans un plat. Elle prend le petit-déjeuner rapidement. Elle doit aller chercher Kamelia chez son amie pour la déposer au lycée. Houria lui donne son cartable.
- Avez-vous besoin de quelque chose ?
- Non. Bonne journée !
Aziza ne tarde pas à se rendre chez l’amie chez qui Kamelia a passé la nuit. Elle n’a pas à descendre de voiture pour demander après elle. Kamelia est déjà dehors en grande conversation avec un jeune de son âge, en plus de son amie Dalia. Elle sent qu’il y a quelque chose entre eux…


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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 11:14

RÉSUMÉ : Kamélia passe la nuit chez son amie. Aziza a tenu à la laisser tranquille. Le lendemain, elle va la prendre chez ses amis. Elle remarque qu’entre elle et un garçon de son âge, il se passe quelque chose.


-42-



Aziza-Zizou ne cesse de les observer durant le trajet jusqu’au lycée que tous trois fréquentent. Kamelia a le visage radieux et rit des blagues de ses amis.

Aziza ne cherche pas à parler avec eux même si elle reste persuadée qu’elle pourrait utiliser cette relation cachée à son profit en jouant les machos. En tentant de les séparer, ils voudront à tout prix rester ensemble. Mais elle ne veut pas être désagréable.
- Allez, les tourtereaux, descendez ! Au fait, Kamelia, lui demande-t-elle alors qu’elle prend son cartable, tu déjeunes où ?
- Avec eux !
Elle leur souhaite une bonne journée et démarre sous le regard surpris de la lycéenne. Depuis qu’elle ne travaille plus à la station-service, elle a du temps libre au point de s’ennuyer parfois. Elle se demande ce qu’elle fera de sa journée, en attendant la fin de journée.
Aâmi Abderrahman est encore là lorsqu’elle rentre.
- Je peux t’aider ?
- J’ai acheté un terrain et je vais embaucher des jeunes pour planter des pommes de terre… Si tu veux, viens !
Ils partent avec sa voiture. La nouvelle plantation se situe loin d’Alger. Près d’une heure de route. Abderrahman profite de ce moment où ils sont seuls pour parler de sa fille.
- Tu sais, elle est jeune et le fait d’avoir été gâtée par la vie lui a donné un sale caractère. Mais elle a un cœur blanc et un fond merveilleux.
- Vous ne m’apprenez rien !
- Alors, pourquoi ne fais-tu pas un effort pour t’entendre avec elle ? l’interroge Abderrahman.
- Je le voudrais bien mais on a le même caractère, répond Aziza-Zizou. Et beaucoup de choses nous séparent. On n’a pas eu la même vie? Si elle, elle a été gâtée, moi, je n’ai pas eu cette chance ! Je n’ai rien alors qu’elle a tout. Tout ce que j’ai, je vous le dois et je vous serais reconnaissant à vie…
- Tout ce que je te demande, c’est de prendre soin d’elle, lui affirme son patron. Un jour, tout ce que j’ai te reviendra !
- Je ne demande pas tant, réplique-t-elle. J’ai peur de fauter et de gâcher notre amitié. Je ne veux pas qu’elle souffre. Pourquoi ne choisirait-elle pas son futur mari ? Pourquoi ne serait elle pas maîtresse de sa destinée ?
- Je ne suis pas contre. Je ne crois pas qu’elle refuse, dit Abderrahman. Je pense avoir bien choisi mais si elle ne veut pas, je ne la forcerais pas !
- Promis ? Aucune pression ?
- Parole d’homme !
Aziza-Zizou donne un coup de main aux hommes qui remuent la terre. Elle est si heureuse qu’elle le ferait chaque jour sans ressentir de fatigue. Cette discussion avec son patron après avoir vu que Kamelia a peut-être un petit ami, la conforte dans l’idée que sa situation n’est pas aussi désespérée qu’elle le croyait.
- Hé, tu n’as pas été embauché ici !
- Je le fais avec plaisir, répond-elle à son patron qui regarde sa montre. Kamelia déjeune avec ses amis. Je passe la récupérer en fin de journée.
- Vous vous êtes entendus ainsi ?
- Oui. Pourquoi j’ai changé d’attitude avec elle ? demande-t-elle en voyant sa surprise. Pour ne pas la troubler. Dans quelques semaines, elle passe son bac et je tiens à ce qu’elle l’ait. Si elle échoue, ce ne sera pas ma faute !
Aziza prie de tout cœur pour qu’elle l’obtienne et pour qu’elle ait une relation sérieuse avec un autre. Mais Kamelia est une fille imprévisible. Elle la surprend en fin de journée en proposant une sortie à la mer. Rien qu’elle et “lui”…

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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 11:16

RÉSUMÉ : Aziza a une discussion avec son patron. Tous deux tiennent au bonheur de Kamélia. Ils ne lui mettront plus la pression. Kamélia la surprend en fin de journée. Elle veut aller à la mer, avec “lui”…

-43-



-Pourquoi aller à la mer pour se voir ? rétorque Aziza. Puisqu’on se voit…et qu’on ne peut même pas s’éviter…
- Je voudrais parler avec toi, réplique Kamélia.
- Ce n’est pas ce qu’on est en train de faire ? Je me demande ce que tu peux bien avoir à me dire ailleurs qu’ici ?
- On pourrait se parler sans ta casquette et tes lunettes, dit la jeune fille. Et puis, pourquoi tu ne te coupes pas les cheveux ?
- Je veux ressembler à Bob Marley, dit Aziza. Et mes yeux ont besoin de protection…
- N’importe quoi ! Pourquoi t’habilles-tu toujours en survêtements ou en jean ? Si tu veux un avis, propose Kamélia. Je peux t’aider !
- Ton avis et ton aide garde-les pour les autres ! Je n’ai besoin de rien venant de toi…
- Pourquoi éprouves-tu le besoin d’être méchant ? Rien ne le justifie… En refusant un rendez-vous, tu prouves que tu as peur de quelque chose, devine la jeune fille. N’est-ce pas ?
Aziza rit de bon cœur tout en conduisant. Elle découvre que Kamélia est quelqu’un de perspicace. Elle en a des peurs au fond d’elle-même. Personne ne doit s’en douter.
- Tu perds ton temps, lui dit-elle. Tu ferais mieux de te consacrer à tes études, lui conseille-t-elle. Puisque tu auras toute la vie pour m’étudier !
- Moi, passer ma vie avec toi ? Dans tes rêves, peut-être, réplique la jeune fille.
- Figure-toi que je suis de ton avis ! On n’a rien de commun… Je te rassure, fais ta vie comme tu l’entends, lui affirme Aziza. Tu as ma bénédiction ! Finis tes études, maries-toi avec quelqu’un de bien… Je serai le frère que tu n’as pas eu la chance d’avoir. Tu pourras compter sur moi, durant les moments difficiles !
- Pourquoi je ne te plais pas ?
Aziza sourit à la question.
- Ton père est devenu le mien, en “m’adoptant”, répond-elle. Et toi, ma sœur…
- C’est vrai que je pourrais compter sur toi durant les moments difficiles ?
Aziza le lui jure. Cette conversation leur permet d’envisager l’avenir avec plus de sérénité. Aziza le constate les jours et semaines qui suivent. Kamélia se donne à fond dans la révision et quand elle a besoin de quelque chose, elle n’hésite pas à venir le lui dire. Leurs relations ont pris un détour que Aziza n’aurait jamais cru. Une relation fraternelle…
La jeune fille ne lui cache pas qu’elle et Mounir vivent une histoire d’amour. Aziza les chaperonne souvent. Les deux tourtereaux, avec un peu de chance, iront à la fac ensemble.
Elle en est à se demander si ses prières ne seraient pas entendues par Dieu. Tout se passe mieux qu’elle ne l’avait espéré.
- Zizou, tu pourrais m’emmener chez ma mère, lui demande un matin, Houria. Pour une courte visite…
- Bien sûr !
Ce matin-là, Kamélia n’a pas cours. Deux amies vont venir réviser avec elle.
- Veux-tu que je t’apporte quelque chose ? lui demande-t-elle avant de partir.
- Des chips et du coca !
Aziza emmène Houria chez ses parents. Elle est aussi invitée à entrer. Elle le regrette vite. À leur regard scrutateur, elle devine que celle-ci les a mis au courant. Apparemment le choix leur déplaît. Ils ne le cachent pas…

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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 11:17

RÉSUMÉ : Aziza discute avec Kamélia et lui promet de ne jamais se mêler de sa vie. Tous deux sont d’accord, pour dire qu’ils ne sont pas faits l’un pour l’autre. Aziza veut lui être le frère qu’elle n’a pas eu. Le lendemain, elle emmène Houria chez ses parents. Apparemment, Aziza leur déplaît…

-44-


Aziza se sert du premier prétexte qui lui vient à l’esprit pour sortir. L’ambiance est presque glaciale et la discussion est loin de lui plaire. Personne ne “le” raccompagne. Aziza ouvre la porte et la referme sans être sortie. Elle sait qu’ils vont parler d’elle et elle veut connaître leur opinion.
- Tu as vu son allure ! Et sa façon de regarder les gens ! Il est irrespectueux… Je me demande pourquoi vous tenez tant à ce qu’il devienne votre gendre !
- Malgré cette apparence, c’est quelqu’un de bien, affirme Houria à son vieux père Idhir. Si tu discute avec lui, tu changerai vite d’avis !
- Même s’il est bien, regarde-le un peu ! lui intime-t-il. Je ne peux pas concevoir l’idée que notre petite fleur soit mariée à lui !
- Et qui sait réellement s’il n’est pas issu d’une famille de criminels ! intervient sa mère Maria. Normalement, avant de lui accorder la main de Kamélia, vous devez faire une enquête sur lui!
- Il ne nous l’a pas demandé, c’est Abderrahman qui lui a proposé sa main. Et le garçon que vous êtes en train de critiquer, leur dit Houria, n’est pas d’accord. Tout comme Kamélia, et ils passent leur temps à se chamailler.
- Ils ne sont pas faits pour s’entendre ! insiste Idhir. Comment ton mari a-t-il pu croire que cela puisse marcher entre eux ?
- Je vous trouve bien durs avec lui, dit Houria. Moi, j’aimerais bien l’avoir comme gendre. Et puis, sa relation avec Kamélia est devenue amicale.
Aziza entend des bruits de pas, se dirigeant vers le couloir. Elle ouvre doucement la porte et la tire derrière elle, sans la faire claquer. Elle va dans sa voiture et ouvre le capot. Si quelqu’un sortirait, elle pourra prétexter une vérification avant de partir. Mais personne ne sort. Elle monte dans sa voiture et démarre. Elle comprend bien les parents de Houria. Leur inquiétude est légitime.
Elle se regarde dans le rétroviseur et se sourit. Elle reconnaît que son apparence ne joue guère en sa faveur. Tout ça pour cacher sa féminité.
Elle va acheter ce que lui a demandé Kamélia et un journal qu’elle feuillette beaucoup plus qu’elle ne lit. Elle pense encore à la réaction des parents de Houria. Qu’en sera-t-il du reste de la famille ? De leurs amis…
Même si un mariage est impossible entre elle et Kamélia pour des raisons que tous ignorent, la réaction de leur entourage l’intéresse. Elle, qui n’a pas l’habitude d’écouter aux portes, s’est vue aujourd’hui le faire. S’ils s’en étaient rendus compte, ils n’auraient pas hésité à lui crier après.
Lorsqu’elle retourne chercher Houria, deux heures après, ces parents l’invitent à entrer mais elle refuse.
- Je ne veux pas salir vos tapis !
- Tout à l’heure, tu n’en as pas pris soin ! lui rappelle Idhir. Pourquoi le ferai-tu maintenant ?
- Comme ça. Alors, vous partez maintenant ou je reviens vous chercher plus tard ? interroge-t-elle Houria qui, visiblement, a envie de rester déjeuner.
- Reviens en début d’après-midi, lui dit-elle. Prends quelque chose pour le déjeuner !
En route, Aziza achète des pizzas pour Kamélia et ses camarades. Elle est surprise de voir que celles-ci sont déjà parties. Elle remarque aussi que Kamélia a les yeux rouges à force d’avoir pleuré.
- Mais qu’est-ce qui t’arrive ? Qu’est-ce qui t’a mise dans cet état ?
Pour toute réponse, elle se jette dans ses bras. Aziza, gênée, veut la repousser mais Kamélia s’en accroche…

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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 11:18

RÉSUMÉ : Aziza ne part pas sans avoir écouté ce qui disait sur “lui”. Tous désapprouvent leur choix. Elle est bien d’accord avec eux. De retour à la maison, avec les achats demandés par Kamélia, celle-ci la surprend. Elle s’est jetée sur “lui”, pour pleurer.

-45-



Aziza sait que si Kamélia s’appuie trop fort à elle, elle finira par sentir sa poitrine étouffée. Mais la lycéenne n’a pas besoin de beaucoup de temps, elle l’a déjà sentie et en posant la main, elle écarquille les yeux de surprise. Elle recule, elle a du mal à y croire.
- Ce n’est pas possible…
- Qu’est-ce qui n’est pas possible ? réplique Aziza.
- Tu serais gros que j’aurais compris, dit la jeune fille. Ce n’est pas normal que tu aies de la poitrine. Montre-moi !
- Tu es folle ! Qu’est-ce qui te prend ?
- Quel mal y a-t-il ? réplique-t-elle. Tous les garçons se pavanent torse nu… Montre-moi ! Tu ne vas pas te complexer en me le montrant ! Il n’y a rien de particulier…
Aziza se dit que si. Mais si elle le fait, ce sera la fin de la torture. Elle risque de la choquer à vie. Un garçon avec une poitrine de fille. Elle se demande si elle ne ferait pas mieux de lui dire la vérité.
- Ton père n’est pas là ?
- Non.
- Et la femme de ménage ?
- Elle est partie depuis un moment. Pourquoi ? Il faut qu’on soit seuls pour que je vois le haut ?
- Écoute, tu risques d’être choquée. Mais si tu insistes, d’accord ! Allons dans ma chambre !
Kamélia refuse de “le” suivre.
- Pourquoi pas ici ? Je ne te demande pas de te déshabiller, juste de me montrer tes pectoraux !
- Tu risques de le regretter !
- Et pourquoi ? Je ne te comprends pas ?
- Promets-moi de ne rien dire aux autres, lui demande Aziza, hésitant un peu à ouvrir sa chemise. Ce sera notre secret !
- Quel secret ?
- Écoute, j’hésite à te montrer… Car tu es jeune et sensible, poursuit Aziza. Et tu risques de ne pas comprendre !
- Comprendre quoi ? Tu peux bien m’expliquer ! Tu sais, je suis capable de comprendre !
- Tu l’auras voulu. Mais je t’en prie, ne dis rien aux autres !
- OK ! OK !
Kamélia est agacée par son insistance. Elle recule et “le” regarde déboutonner sa chemise en jean. Sous le maillot, elle remarque la large bande.
- Tu es blessé ! dit-elle sans oser s’approcher pour regarder de plus près même si elle en meurt d’envie. Comment est-ce arrivé ? Pourquoi n’as-tu rien dit ? Pourquoi veux tu que je n’en dise rien à mes parents ?
- Parce que…
Aziza ne s’arrête pas en chemin. Elle est décidée à dire toute la vérité à Kamélia. Elle le lui doit. Kamélia ne doit plus s’imaginer qu’elle puisse être un prétendant, même si la proposition est de son père. Tout les différencie et tout les rapproche.
En retirant sa bande et en dévoilant sa poitrine, la réaction de la jeune fille ne la surprend pas. Les yeux écarquillés, horrifiés, elle recule au point de tomber sur les premières marches de l’escalier.
- C’est quoi cette… anomalie ? Tu ne peux pas être un garçon et une fille en même temps !
- Je suis une fille ! Enfin, une jeune…
- Et tu te moques de nous depuis des années ! s’écrie Kamélia, en se rendant compte que depuis son arrivée, elle a induit en erreur tout son entourage et qu’elle a abusé de leur confiance. Son père “le” trouvait si bien qu’il voulait les marier.
- Mais pourquoi as-tu menti pendant tout ce temps ? Pourquoi te fais-tu passer pour un garçon ?

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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 11:19

RÉSUMÉ : L’étreinte a permis à Kamélia de sentir sa poitrine. En la harcelant de questions, elle obtient ce qu’elle veut. Aziza se dit qu’il était temps qu’elle sache la vérité. Elle dévoile sa poitrine. C’est le choc et un déferlement de questions de la part de Kamélia…


-46-



Kamelia est hors d’elle. Elle n’attend pas que Aziza lui réponde. Elle est en colère et elle l’insulte de tous les noms. Elle n’en revient pas qu’elle les ait trompés durant des années. Elle ne lui pardonnera jamais.
- Dire que mes parents te font confiance ! Ils vont tomber des nues lorsqu’ils sauront !
Aziza lui coupe le chemin lorsqu’elle veut se rendre au salon. Elle devine son intention. Kamelia veut appeler ses parents.
- Je t’en prie, ne fais pas ça ! Aie pitié de moi. Je ne veux pas me retrouver à la rue, lui dit-elle. Je ne veux pas y retourner.
- Tu trouveras sûrement des gens faciles, à berner ! réplique la lycéenne, encore toute retournée par sa découverte. Pourquoi a-t-il fallu que mon père te rencontre et qu’il ait pitié de toi !
- Je suis désolée, sincèrement. Je ne pouvais pas dire la vérité, dit Aziza. Je n’avais pas le choix. Qui voudrait d’une fille, dans une station-service ?
- Rien ne pourra t’excuser à nos yeux ! Pourquoi te déguises-tu en garçon ?
- Pour être invulnérable, répond-elle tout en refermant sa chemise. Si tu crois que c’est facile pour moi, de vivre ainsi, à mentir à mes bienfaiteurs, tu te trompes ! Mais la vie ne m’a pas laissé le choix !
- On a toujours le choix ! réplique Kamelia.
- Si tu me laisses t’expliquer, je sais que tu seras moins dure avec moi !
Aziza ramasse les achats faits en ville. Elle les dépose à la cuisine où Kamelia la rejoint. Elles n’ont aucune envie de manger.
- Tu promets de ne rien dire à tes parents !
- Raconte en premier. Mais dis-moi ton prénom, le vrai ! lui demande la jeune fille en s’asseyant à la table.
- Je m’appelle Aziza.
La jeune fille se met à lui raconter son histoire, depuis cette tragique nuit où tout un village a été massacré. Les survivants, des enfants, n’étaient pas nombreux. Elle était l’une d’entre eux.
Elle lui raconte comment elle a été accueillie par une famille et dans quelle circonstance, elle s’est retrouvée à la rue.
- Et comment as-tu fait pour vivre dans la rue ?
Aziza lui raconte avoir pris l’allure d’un fou, pour avoir la paix.
- En plus, j’étais sale, j’étais grognon, raconte-t-elle. Personne n’osait se frotter à moi. C’était ma façon de me protéger.
- Oui mais quand tu es devenue plus grande, comment as-tu fait ? Tu ne pouvais plus vivre des restes jetés aux poubelles !
- Rassure-toi, pendant quelque temps, j’ai travaillé au marché, dit Aziza. Je déchargeais les camions puis remballais la marchandise invendue en échange de quelques pièces. Cela me permettait de me nourrir, de me payer un bain. Les vêtements, je les volais au marché… pas celui où je travaillais.
- Jusqu’au jour où tu es tombée sur mon père !
- Oui, depuis ma vie a radicalement changé. Je suis devenu Zizou et l’homme de confiance de ton père, ajoute-t-elle. As-tu compris pourquoi je devais impérativement être un garçon ? Et aujourd’hui être un jeune homme ?
- Oui mais j’ai du mal, avoue Kamelia. Et ta virilité, si on peut appeler ça, comme ça ?
Aziza poursuit et lui explique que la prise des hormones le lui a permis de devenir viril.
- Et comment aurais-tu fait si on s’était marié ? l’interroge la jeune fille.
- Je priais pour que tu aimes quelqu’un d’autre et que le mariage n’ait jamais lieu, confie Aziza. C’était l’unique moyen d’y échapper. Sinon, j’aurais été contraint à partir, sans donner d’explication.
Elles sursautent en entendant une porte claquer. Ami Abderrahman se tient derrière elle. La dernière phrase lui est tombée dans l’oreille, il veut comprendre de quoi elles parlent.

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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 11:21

RÉSUMÉ : Encore sous le choc, elle lui demande des explications. Elle ne supporte pas le fait qu’elle les ait trompés durant tout ce temps. Aziza lui raconte son histoire. Elle se sent mieux maintenant. Abderrahman, rentré à l’improviste, a entendu la fin de leur conversation. Il veut des explications…


-47-



Aziza se demande s’il a tout entendu ou juste la fin. Le regard qu’elle échange avec Kamélia est une prière muette. Si Kamélia décide de tout dire à son père, sa vie basculera de nouveau. Ils la mettront sans hésiter à la porte.
- Qu’est ce qui t’aurait poussé à partir ? l’interroge-t-il. De quoi étiez-vous en train de parler ?
- De tout et de rien, répond Kamélia. Sur les hauts et les bas de la vie…
- Et ?
- Si… Si Zizou ne s’était pas plu chez nous, il serait parti. Il vient de me confier que tu es un père pour lui, poursuit la jeune fille. Et qu’il te sera toujours reconnaissant…
Aami Abderrahman sourit. Il est heureux de voir qu’ils se sont rapprochés. Il y a comme de la complicité. Il la sent. Pourtant, ce n’était pas le cas.
- C’est étrange comme tout s’arrange, remarque-t-il. Avant, vous étiez comme chien et chat et maintenant, le contact passe bien entre vous !
- Zizou est le frère que je n’ai pas eu et j’ai compris que je pouvais compter sur lui en ton absence !
- Oui et même plus…
Aziza-Zizou évite leur regard. Elle est si soulagée qu’elle a envie de pleurer, elle qui n’a plus pleuré depuis la tragique disparition de sa famille.
- Comment se fait-il que vous n’ayez pas déjeuné ? les interroge-t-il. La pizza doit être froide maintenant…
- On peut toujours la réchauffer ! Le micro-onde est fait pour ça ! Alors, vous vous joignez à nous ? propose Aziza.
Aami Abderrahman ne refuse pas. Il s’assoit à table et leur raconte comment son rendez-vous a été annulé et pourquoi il est rentré plus tôt que prévu.
- Le vendeur avait oublié de prendre rendez-vous avec son notaire. C’est reporté à un autre jour. Houria est encore chez ses parents ?
- Elle m’a demandé de revenir plus tard, répond Aziza-Zizou, tout en sortant de grandes assiettes plates. Alors, avec ou sans harissa ?
Tout comme Aziza, Kamélia mange en silence. Elle voudrait la regarder dans les yeux mais elle l’évite. Elle a pris la décision de ne rien dire à son père sans même savoir pourquoi.
- La pizza n’est pas à ton goût ? lui demande son père.
- Si… Pourquoi ?
- Quelque chose semble te déplaire pourtant !
Kamélia a un petit sourire. Aziza comprend son malaise. Le fait de mentir à son père lui déplaît.
- Non, non…
Après le déjeuner, elle se retire dans sa chambre. Aziza ne tarde pas à retourner chercher Houria chez ses parents. Cette fois, elle ne descend pas de voiture. Elle klaxonne deux ou trois fois avant de la voir lui faire signe depuis la fenêtre qui donne sur la rue. Elle reste dans la voiture.
Elle repense à tout ce qui est arrivé aujourd’hui et se demande si ce n’est pas un signe du destin. Maintenant que Kamélia sait qui elle est vraiment, le secret risque de lui peser un jour et elle voudra se confier à quelqu’un. Tôt ou tard, ils sauront qu’elle n’est pas ce qu’elle a prétendu être pendant des années.
Houria remarque son visage fermé lorsqu’elle “le” rejoint dans la voiture. Aziza démarre sans dire un mot.
- Quelque chose ne va pas ? Pourquoi fais-tu cette tête ?
Aziza hausse les épaules et tente de se concentrer sur la conduite.

(à suivre)
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Mustapha
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MessageSujet: Re: La nouvelle d\'Adila Katia.   Jeu 25 Oct - 11:23

RÉSUMÉ : Kamélia n’est plus la même depuis qu’elle sait. Il est apparent que quelque chose lui déplaît. Aziza ne se sent pas bien. Houria le remarque lorsqu’elle va la chercher. Aziza se demande si ce qui est arrivé aujourd’hui n’est pas un signe du destin.

-48-


Même si Kamélia n’en parle plus, Aziza sent bien que la découverte l’a secouée. Elle n’a rien dit à ses parents mais Aziza devine qu’un jour, elle voudra se débarrasser de ce fardeau.
Après les examens du bac, alors qu’elle l’emmenait en ville pour effectuer des achats, Kamélia aborde le sujet. Elle n’en peut plus.
- Je voudrais que tu sois compréhensive. Je ne peux pas garder ça pour moi ! Mes parents doivent savoir qu’ils ne peuvent pas compter sur toi. Papa part pendant des heures, persuadé d’avoir laissé un homme à la maison. S’il se passe quelque chose, tu ne seras pas de taille !
- Il n’arrivera jamais rien, promet Aziza. Je me suis endurcie. Dans le fond, je ne suis pas une jeune fille mais un jeune homme ! Il y a longtemps que je réagis comme eux. En cas de problèmes, tu peux être sûre que je serai de taille !
Mais Kamélia n’est pas de son avis.
- Écoute, je te laisse le choix. Dis-leur ou pars sans donner d’explications. Si tu ne fais rien, je serais contrainte de le leur apprendre.
- Tu n’as donc aucune pitié ! s’écrie Aziza. Si je leur dis, ils ne voudront plus de moi. Ils me chasseront comme un malpropre. Et si je pars, j’irai où ?
- Peu importe où tu iras, je sais que tu sauras t’en sortir, réplique Kamélia. Ces mensonges ne doivent plus durer. Comprends-moi ! J’ai de la peine à me séparer de toi mais il est question de vérité.
- Tu ne veux pas me laisser quelques mois, le temps que je me prépare, que je trouve un endroit où aller ?
Kamélia est agacée. Elle a le sentiment d’avoir le mauvais rôle.
- Je ne supporterai pas d’attendre trop longtemps, la prévient-elle. Et puis, qui sait, peut-être que mes parents accepteront l’idée que tu sois une femme ?
- Non, non… J’imagine leur réaction et je tiens à garder l’image d’une famille généreuse et bienveillante. Je partirai dans quelques jours.
- Tu ne m’en veux pas, n’est-ce-pas ?
Aziza la rassure même si au fond d’elle-même, elle lui en veut de la pousser dehors. Elle partira à nouveau droit devant elle. Cette fois, elle a des papiers et de l’argent. Les économies de longues années de travail lui permettront de prendre un nouveau départ dans la vie.
Aziza ne craint pas l’aventure mais elle s’est attachée à cette famille, aux employés de la station-service. Il y a là une partie de sa vie qu’elle allait devoir laisser.
Le cœur serré, la nuit de son départ, elle leur écrit un petit mot de remerciement et combien ils comptaient pour elle. Elle n’est pas prête de les oublier. Quant à Kamélia, elle se demande parfois si elle a bien fait de lui imposer ce départ. Elle se demande si là où elle se trouve maintenant, elle réussira à tromper son entourage aussi longtemps qu’avec eux. Elle n’a rien dit à ses parents, refusant de leur donner une mauvaise image de Aziza. Elle tient à ce qu’ils se souviennent de son visage tel qu’ils l’avaient connu et du gentil garçon qu’“elle” a été.

FIN

Adila Katia
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